Les communiqués récents de la Présidence de l’Université de Lyon 2 font l’impasse sur l’essentiel. A vouloir centrer l’attention de la communauté universitaire sur les provocations aux auteurs obscurs (tags homophobes ou dégradations de matériels) ou sur les seules modalités de lutte décidées par l’assemblée générale des étudiants (blocages), ces communiqués restent silencieux quant aux provocations gouvernementales, dont la dernière en date consiste non seulement à passer en force le décret sur la modulation des services des enseignants-chercheurs (ainsi que le décret CNU), mais aussi à faire étudier des maquettes de mastérisation (17 sur 100 attendues dont un nombre certain provenant des instituts catholiques), après avoir annoncé le report de la réforme d’un an.
A l’intérieur même de notre Université, une petite minorité de collègues, agacée par l’ampleur de la lutte contre les réformes qu’ils n’ont pas le courage de soutenir publiquement, multiplie les provocations, en incitant leurs étudiants à venir en cours, même au moment des assemblées générales (qu’ils dénoncent ensuite comme étant non démocratiques), et en organisant des contrôles d’absences et des évaluations de connaissances, malgré les consignes écrites de la Présidence. Ce sont ces comportements-là qui contribuent à monter la tension et à créer des divisions entre étudiants et collègues.
La dernière assemblée générale des enseignants-chercheurs qui a reconduit la grève jusqu’au mardi 28 avril 2009 a clairement réitéré notre détermination à sauver l’Université française : nous refusons de voir l’activité universitaire minée par l’individualisation des services (et autres primes au mérite), l’autoritarisme présidentiel, la privatisation rampante et la concurrence de tous contre tous. La grève reste l’arme la plus efficace contre la casse programmée du service public de l’enseignement supérieur, même si nous savons à quel point cette grève est coûteuse, pour nos étudiants comme pour nous. Si nous rentrons dans la 11e semaine de grève, à qui la faute sinon à une ministre qui refuse tout dialogue digne de ce nom avec les principaux acteurs du mouvement ?
Nous appelons l’ensemble du personnel, BIATOSS, enseignants et enseignants-chercheurs à ne pas se laisser duper par des questions subsidiaires et à boycotter le scrutin de lundi prochain. Aujourd’hui, comme hier, la seule vraie question est comment faire ensemble pour faire reculer le gouvernement et mettre en échec son offensive contre l’Université. Nous aurions préféré que la Présidence mette aux voix sa réponse à cette question.
Pour une Autre Université, SNESUP-FSU, SNASUB-FSU
Je viens de découvrir ce blog et lire cet article et je m’interroge sur votre sens des réalités…
Sous prétexte de défendre ardemment la cause du service public, vous ne faites que le saborder et l’enterrer. Que des étudiants en mal de repères réagissent de la sorte, on pouvait à la limite comprendre (sic), mais que des enseignants comme vous, viennent à nier tous les droits et les libertés fondamentales me dégoute. Mes opinions et croyances n’ont jamais empièté sur qui que ce soit.
Ca me toujours fait rire jaune que sous prétexte d’être de gauche, votre combat est forcèment juste et doit être imposé à tout le monde.
Bref, savourer le bien, car de toute façon bientôt vous ne pourrez plus enseigner à personne, car les étudiants seront tous partis ailleurs, dans une autre fac (ou je n’ose pas dire en écoles…).
Je tiens à préciser que je ne remet nullement en cause votre mouvement de lutte sur le fond. Néanmoins, la forme n’est pas à votre honneur, on ne pénalise pas les étudiants et les enseignants souhaitant faire cours et n’étant pas d’accord avec vous.
Je vous remercie tout de même pour votre belle leçon sur la bêtise humaine…nous en aurons vraiment bcp appris.
Je finirai sur ces mots de notre ami Maurice: “IL FAUT SAVOIR FINIR UNE GREVE”.
Je vous, en tant qu’étudiant qui soutient le mouvement, comment se faire entendre d’un gouvernement qui fait la sourde oreille?
Peut-être faudrait-il changer le titre du billet, car il semble qu’il ne s’agit pas d’un vote électronique, mais seulement d’un scrutin à bulletin secret.