Blog du collectif des personnels mobilisés de Lyon 2

Pour une vague « A » de résistance et de solidarité. Appel de Lyon du 7 avril 2009

In 1 on 8 avril 2009 at 09:49

Au début de ce mois, environ 130 enseignants-chercheurs de l’Université Lyon 1 ont démissionné de leurs quelques 440 responsabilités administratives (direction d’unité de formation ou de recherche, responsabilités d’année, d’échanges internationaux, etc.). Une décision lourde de conséquences, mais qui marque une volonté ferme de refuser la marche forcée d’un gouvernement jusqu’ici sourd aux revendications portées depuis plus de deux mois par le mouvement universitaire.

Solidaires de cette initiative, leurs collègues de l’Université Lyon 2 se sont eux aussi engagés dans cette voie : en quelques jours seulement, une cinquantaine d’enseignants-chercheurs ont fait part de leur intention d’abandonner ou de suspendre, à contrecœur mais avec une réelle détermination au regard des enjeux de long terme, leur centaine de responsabilités administratives. Celles-ci permettent aux établissements de fonctionner au quotidien, grâce à un investissement de tous les personnels (enseignants-chercheurs comme Biatos) et de tous les jours, mais rencontrent aujourd’hui un manque de considération voire un mépris de la part des autorités de tutelle.

Cette démission des responsabilités administratives entraînera de facto une impossibilité de rendre les projets d’habilitation des diplômes et laboratoires dans les temps. Si l’on en juge par le report de la réforme sur la mastérisation des concours d’enseignement, cette modalité d’action peut avoir une efficacité certaine face à un gouvernement qui n’entend pas les doléances de la communauté universitaire et ne semble comprendre que la résistance en actes. Si nous voulons que cette modalité d’action porte ses fruits, il faut une action collective, de tous les établissements, comme cela a été le cas pour la non-remontée des maquettes des « masters enseignement ».

Remplaçons la logique de mise en concurrence des établissements par une action solidaire de l’enseignement supérieur !

Nous lançons un appel en ce sens à nos collègues de l’Université Lyon 3, aux autres établissements de l’agglomération lyonnaise, ainsi qu’à tous ceux concernés par la vague « A » de contractualisation quadriennale avec le Ministère (Bordeaux, Dijon, Grenoble, Montpellier, Toulouse,….) : rejoignez-nous dans cette initiative qui, en étant portée par tous, profitera à tous. Composante de formation par composante, laboratoire par laboratoire, tentez de convaincre vos collègues de l’utilité de cette modalité d’action collective et adressez-nous vos déclarations/intentions de démission de responsabilités administratives à demission.collective@gmail.com

Nous pourrons alors centraliser les initiatives locales et donner une visibilité d’ensemble à cette démarche.

Rejoignez la vague « A » de résistance et de solidarité pour obliger le gouvernement à retirer ses contre-réformes et ouvrir un vrai espace de concertation sur l’avenir de l’enseignement supérieur.

Nous ne sommes pas dans le refus d’un changement pour l’université, nous sommes pour une amélioration du sort de l’enseignement supérieur et de la recherche publique, mais sur la base d’une discussion sereine, dégagée des réformes qui vont contre la volonté de ceux à qui elles doivent s’appliquer. Dans cette hypothèse, nous lèverons alors la suspension des responsabilités administratives et sommes prêts à participer à une concertation d’ensemble sur le présent et l’avenir de l’enseignement supérieur en France.

Some innovative forms of protest (The Guardian, 7/04/09)

In 1 on 7 avril 2009 at 19:12

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– Protest in perpetual motion

Students and professors have invented a new way of protesting about the marketisation of academia: the 24-hour circular march

Agnès Poirier, Tuesday 7 April 2009 21.00 BST

Midnight, Place de Grève in Paris. Grève, not as in strike, but as in shore or strand. Except this time both definitions coincide. This beautiful square, right in the heart of Paris, opposite the city town hall, has been chosen by protesters to stage a ronde des obstinés, loosely translated as the hard-headed round. They’ve been walking in circles for two weeks, 24 hours a day, seven days a week. They may be hundreds, or just a dozen in the dead of night, but the walk keeps going round. They were the first surprised to see that it should keep going, that neither rain nor cold could hamper their newly set perpetual motion. What are they protesting against? The rushed and ill-conceived university reform wanted by the Sarkozy government which would, in the words of a university professor, transform knowledge into commodity, students into clients, professors into service suppliers and universities into enterprises seeking profits at all costs. Students and professors, in a unique show of solidarity and unity, have been protesting loudly for three months. And the ways in which they have done it, reinventing in the process the art of protest, have almost eclipsed the reasons of their discontent – on which there is a long and detailed summary.

La ronde des obstinés is but one method of showing their determination. As professor-researcher Isabelle Launay puts it very eloquently after three hours of walking in circle: « Obstinacy and determination are both key qualities for research. » Sometimes, a famous face comes and joins, such as José Bové. People bring them cakes. Tourists want to know more. The round becomes an endless and permanently renewed conversation.

Protesters have also staged 10-minute readings in landmark squares, such as Place St Michel in Paris but also in city centres such as Strasbourg’s Grand Place. Warned by SMS, students and professors gather at a precise time and location. All they need to do is bring a book and, at a signal, start reading aloud for 10 minutes. Suddenly, the place fills with words drowned in very loud humming. The effect is arresting, almost surreal. Ten minutes later, everybody falls silent and leaves.

A marathon reading of a classic of French literature, La Princesse de Clèves, a 17th-century novel which has become a symbol of resistance against Nicolas Sarkozy’s crassness after he complained about having to read it for an exam that he failed, took place in Place du Panthéon in Paris. The popular Left Bank actor Louis Garrel started the marathon.

The list of pioneering protests is long: lectures by university professors have been given in public places such as L’Arc de Triomph, in trams and in the metro. There have been public trials of government members and auctions of philosophical concepts. The web has played a key role in allowing associations of students to exchange ideas and information and attract the public.

Both education ministers, Valérie Pécresse and Xavier Darcos, though media-savvy and astute negotiators, have found themselves destabilised by such innovative forms of protest. They have already given ground to the protesters but haven’t entirely withdrawn the reform. The people at Hôtel de Ville in Paris say they will keep walking until they do – and it’s hard not to believe them.

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2009/apr/07/protest-france

L’avenir de l’université se joue maintenant ! (tract liste PAU Lyon 2)

In 1 on 6 avril 2009 at 09:34

tract> télécharger le tract: tract-pau-06-avril

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Pascal Binczak, Président de l’Université Paris-8, le 6 avril 2009

«Je ne vois pas ce qui devrait nous inciter à stopper la mobilisation. Il est plus que jamais impératif de la maintenir, à défaut de quoi nous basculerions dans un système qui privilégiera la libre commercialisation des savoirs au détriment du commerce des libres savoirs, un système dans lequel seront bafoués des principes et des valeurs républicains, dont celui d’égalité devant le service public. A partir du moment où l’on instaure un système ultra concurrentiel, celui qui aura le bonheur ou le malheur de naitre dans telle zone défavorisée de la république aura un service puclic de l’enseignement supérieur disposant de moins de moyens que tel ou tel étudiant qui aura la chance de naitre à Paris intra muros. La politique actuelle, dont le plan campus va agraver les inégalités existantes au lieu de les combattre.

Le bras de fer avec le gouvernement débouche sur une crise, mais elle résulte de son autisme, de son irresponsabilité. Il est pleinement responsable de la situation des étudiants. Le gouvernement a feint de discuter, de négocier tout en maintenant ses projets destructeurs et en tenant un discours d’autosatisfaction insupportable. Devant une telle attitude, il ne reste aux contradicteurs que la rue pour faire entendre leur voix.

Je tire la sonnette d’alarme, car on touche là au coeur du fonctionnement démocratique de notre république. On ne peut se prévaloir de l’élection au suffrage universel direct comme d’un blanc seing pour imposer des réformes impopulaires, manifestement rejetées par la grande majorité de la communauté auxquelles elles s’appliquent. On ne peut pas gouverner sans une adhésion minimale du peuple.»