Blog du collectif des personnels mobilisés de Lyon 2

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Pour une vague « A » de résistance et de solidarité. Appel de Lyon du 7 avril 2009

In 1 on 8 avril 2009 at 09:49

Au début de ce mois, environ 130 enseignants-chercheurs de l’Université Lyon 1 ont démissionné de leurs quelques 440 responsabilités administratives (direction d’unité de formation ou de recherche, responsabilités d’année, d’échanges internationaux, etc.). Une décision lourde de conséquences, mais qui marque une volonté ferme de refuser la marche forcée d’un gouvernement jusqu’ici sourd aux revendications portées depuis plus de deux mois par le mouvement universitaire.

Solidaires de cette initiative, leurs collègues de l’Université Lyon 2 se sont eux aussi engagés dans cette voie : en quelques jours seulement, une cinquantaine d’enseignants-chercheurs ont fait part de leur intention d’abandonner ou de suspendre, à contrecœur mais avec une réelle détermination au regard des enjeux de long terme, leur centaine de responsabilités administratives. Celles-ci permettent aux établissements de fonctionner au quotidien, grâce à un investissement de tous les personnels (enseignants-chercheurs comme Biatos) et de tous les jours, mais rencontrent aujourd’hui un manque de considération voire un mépris de la part des autorités de tutelle.

Cette démission des responsabilités administratives entraînera de facto une impossibilité de rendre les projets d’habilitation des diplômes et laboratoires dans les temps. Si l’on en juge par le report de la réforme sur la mastérisation des concours d’enseignement, cette modalité d’action peut avoir une efficacité certaine face à un gouvernement qui n’entend pas les doléances de la communauté universitaire et ne semble comprendre que la résistance en actes. Si nous voulons que cette modalité d’action porte ses fruits, il faut une action collective, de tous les établissements, comme cela a été le cas pour la non-remontée des maquettes des « masters enseignement ».

Remplaçons la logique de mise en concurrence des établissements par une action solidaire de l’enseignement supérieur !

Nous lançons un appel en ce sens à nos collègues de l’Université Lyon 3, aux autres établissements de l’agglomération lyonnaise, ainsi qu’à tous ceux concernés par la vague « A » de contractualisation quadriennale avec le Ministère (Bordeaux, Dijon, Grenoble, Montpellier, Toulouse,….) : rejoignez-nous dans cette initiative qui, en étant portée par tous, profitera à tous. Composante de formation par composante, laboratoire par laboratoire, tentez de convaincre vos collègues de l’utilité de cette modalité d’action collective et adressez-nous vos déclarations/intentions de démission de responsabilités administratives à demission.collective@gmail.com

Nous pourrons alors centraliser les initiatives locales et donner une visibilité d’ensemble à cette démarche.

Rejoignez la vague « A » de résistance et de solidarité pour obliger le gouvernement à retirer ses contre-réformes et ouvrir un vrai espace de concertation sur l’avenir de l’enseignement supérieur.

Nous ne sommes pas dans le refus d’un changement pour l’université, nous sommes pour une amélioration du sort de l’enseignement supérieur et de la recherche publique, mais sur la base d’une discussion sereine, dégagée des réformes qui vont contre la volonté de ceux à qui elles doivent s’appliquer. Dans cette hypothèse, nous lèverons alors la suspension des responsabilités administratives et sommes prêts à participer à une concertation d’ensemble sur le présent et l’avenir de l’enseignement supérieur en France.

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Some innovative forms of protest (The Guardian, 7/04/09)

In 1 on 7 avril 2009 at 19:12

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– Protest in perpetual motion

Students and professors have invented a new way of protesting about the marketisation of academia: the 24-hour circular march

Agnès Poirier, Tuesday 7 April 2009 21.00 BST

Midnight, Place de Grève in Paris. Grève, not as in strike, but as in shore or strand. Except this time both definitions coincide. This beautiful square, right in the heart of Paris, opposite the city town hall, has been chosen by protesters to stage a ronde des obstinés, loosely translated as the hard-headed round. They’ve been walking in circles for two weeks, 24 hours a day, seven days a week. They may be hundreds, or just a dozen in the dead of night, but the walk keeps going round. They were the first surprised to see that it should keep going, that neither rain nor cold could hamper their newly set perpetual motion. What are they protesting against? The rushed and ill-conceived university reform wanted by the Sarkozy government which would, in the words of a university professor, transform knowledge into commodity, students into clients, professors into service suppliers and universities into enterprises seeking profits at all costs. Students and professors, in a unique show of solidarity and unity, have been protesting loudly for three months. And the ways in which they have done it, reinventing in the process the art of protest, have almost eclipsed the reasons of their discontent – on which there is a long and detailed summary.

La ronde des obstinés is but one method of showing their determination. As professor-researcher Isabelle Launay puts it very eloquently after three hours of walking in circle: « Obstinacy and determination are both key qualities for research. » Sometimes, a famous face comes and joins, such as José Bové. People bring them cakes. Tourists want to know more. The round becomes an endless and permanently renewed conversation.

Protesters have also staged 10-minute readings in landmark squares, such as Place St Michel in Paris but also in city centres such as Strasbourg’s Grand Place. Warned by SMS, students and professors gather at a precise time and location. All they need to do is bring a book and, at a signal, start reading aloud for 10 minutes. Suddenly, the place fills with words drowned in very loud humming. The effect is arresting, almost surreal. Ten minutes later, everybody falls silent and leaves.

A marathon reading of a classic of French literature, La Princesse de Clèves, a 17th-century novel which has become a symbol of resistance against Nicolas Sarkozy’s crassness after he complained about having to read it for an exam that he failed, took place in Place du Panthéon in Paris. The popular Left Bank actor Louis Garrel started the marathon.

The list of pioneering protests is long: lectures by university professors have been given in public places such as L’Arc de Triomph, in trams and in the metro. There have been public trials of government members and auctions of philosophical concepts. The web has played a key role in allowing associations of students to exchange ideas and information and attract the public.

Both education ministers, Valérie Pécresse and Xavier Darcos, though media-savvy and astute negotiators, have found themselves destabilised by such innovative forms of protest. They have already given ground to the protesters but haven’t entirely withdrawn the reform. The people at Hôtel de Ville in Paris say they will keep walking until they do – and it’s hard not to believe them.

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2009/apr/07/protest-france

L’avenir de l’université se joue maintenant ! (tract liste PAU Lyon 2)

In 1 on 6 avril 2009 at 09:34

tract> télécharger le tract: tract-pau-06-avril

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Pascal Binczak, Président de l’Université Paris-8, le 6 avril 2009

«Je ne vois pas ce qui devrait nous inciter à stopper la mobilisation. Il est plus que jamais impératif de la maintenir, à défaut de quoi nous basculerions dans un système qui privilégiera la libre commercialisation des savoirs au détriment du commerce des libres savoirs, un système dans lequel seront bafoués des principes et des valeurs républicains, dont celui d’égalité devant le service public. A partir du moment où l’on instaure un système ultra concurrentiel, celui qui aura le bonheur ou le malheur de naitre dans telle zone défavorisée de la république aura un service puclic de l’enseignement supérieur disposant de moins de moyens que tel ou tel étudiant qui aura la chance de naitre à Paris intra muros. La politique actuelle, dont le plan campus va agraver les inégalités existantes au lieu de les combattre.

Le bras de fer avec le gouvernement débouche sur une crise, mais elle résulte de son autisme, de son irresponsabilité. Il est pleinement responsable de la situation des étudiants. Le gouvernement a feint de discuter, de négocier tout en maintenant ses projets destructeurs et en tenant un discours d’autosatisfaction insupportable. Devant une telle attitude, il ne reste aux contradicteurs que la rue pour faire entendre leur voix.

Je tire la sonnette d’alarme, car on touche là au coeur du fonctionnement démocratique de notre république. On ne peut se prévaloir de l’élection au suffrage universel direct comme d’un blanc seing pour imposer des réformes impopulaires, manifestement rejetées par la grande majorité de la communauté auxquelles elles s’appliquent. On ne peut pas gouverner sans une adhésion minimale du peuple.»

La Nuit Blanche de l’Université (Lyon 2, 8 avril 18h30 au 9 avril 8h…) !!!

In 1 on 5 avril 2009 at 09:46

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Télécharger le programme définitif : navirenight-nuit-blanche-de-luniversite2

Démissions collectives Lyon 2 (premier acte) : Institut de Psychologie

In 1 on 3 avril 2009 at 00:48

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COMMUNIQUE DES PERSONNELS MOBILISES DE L’INSTITUT DE PSYCHOLOGIE SUR LA DEMISSION COLLECTIVE DES FONCTIONS DE RESPONSABILITE.

Lyon, le 31 mars 2009

Le fonctionnement administratif normal de toute université repose sur l’investissement lourd et quotidien d’enseignants-chercheurs qui assument des responsabilités administratives, en plus de leurs missions de formation et de recherche. Ce travail s’effectue avec la collaboration des personnels administratifs dont les carrières et les statuts sont également fortement menacés. Dans le contexte de la mobilisation actuelle dans les universités, les enseignants-chercheurs ci-dessous annoncent leur intention de démissionner de leurs fonctions de responsabilités, en guise de protestation contre la surdité réitérée du ministère et pour de véritables négociations sur les bases proposées par la coordination nationale des universités. Cette action collective, appelée au plan national depuis plusieurs semaines, résulte de l’absence d’avancées significatives et de réelles négociations sur l’ensemble des points qui mobilisent actuellement la communauté universitaire : réforme du statut des enseignants-chercheurs ; formation et concours des enseignants du premier et second degrés, le gel des postes programmé, l’avenir des organismes de recherche, le contrat doctoral unique… Il s’agit pour nous de manifester, dans une action forte, notre détermination et notre engagement face à un gouvernement qui refuse d’entendre nos revendications. Nous souhaitons aussi, par cette action, protester contre l’imposition d’un calendrier absurde pour organiser nos formations et nos activités de recherche, et nous demandons un moratoire sur la réalisation des maquettes formation et recherche, ainsi que le report des échéances auxquelles elles doivent être remises aussi bien au niveau local que national.

En conséquence :

Nous remettrons collectivement et publiquement notre démission des responsabilités pédagogiques et administratives que nous exerçons actuellement ;

– Nous appelons l’ensemble de nos collègues de l’Institut de Psychologie, mais aussi des autres composantes de l’université Lyon2 à rejoindre cette initiative en démissionnant de leur fonctions de responsabilités, et à exprimer leur solidarité en s’engageant à ne pas reprendre les fonctions des collègues démissionnaires ;

– Nous appelons l’ensemble des étudiants de l’Institut de Psychologie à une réunion d’information où nous leur expliquerons les raisons qui nous poussent à cette action, le mardi 07 avril, à 10h30, amphi C.

Ces démissions deviendront effectives au 07/04/09, date à laquelle la liste de l’ensemble des collègues démissionnaires sera transmise à la Direction de l’Institut de Psychologie, à la Présidence de l’Université Lyon 2, au Rectorat d’Académie, ainsi qu’au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Avant cette échéance, nous informerons les personnels administratifs ainsi que les étudiants des raisons qui nous poussent à cette démission collective.

ETAT DES DEMISSIONS AU 31 MARS :

– 24 enseignants-chercheurs démissionnaires ;

– 62 responsabilités pédagogiques et de recherche (Responsabilités d’enseignements, d’années, de diplômes, de départements, présidences de jury ; directions de laboratoire).

contact : signature.psycholyon2@gmail.com

Le point de non retour

In 1 on 2 avril 2009 at 17:30

> Après deux mois de conflit entre le gouvernement et la communauté universitaire, le fossé de l’incompréhension s’est creusé. Aujourd’hui, le point de non retour semble atteint tant le gouvernement refuse de discuter, au fond, des revendications des universitaires et des chercheurs. Il se contente de concessions marginales, de façade, afin de tenter de mettre en difficulté un mouvement inédit par son ampleur et sa durée devant l’opinion publique.

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> La mobilisation des enseignants chercheurs et des étudiants ne faiblit pas. Neuf semaines après le début du mouvement contre les réformes universitaires, et une dizaine de manifestations plus tard, à Paris, ils étaient encore, jeudi 2 avril, de 7 000 à 25 000 selon les sources à défiler, très déterminés, à l’appel de la coordination des universités, des syndicats, des collectifs Sauvons la recherche et Sauvons l’université. Malgré plusieurs reculs du gouvernement, les revendications initiales demeurent.

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> Depuis le début de leur mobilisation, les enseignants-chercheurs ont eu à faire face à un adversaire redoutable et plutôt inattendu : les « grandes plumes » de la presse française. Plusieurs d’entre elles n’ont pas hésité à jouer d’un ressentiment anti-intellectuel et anti-fonctionnaires pour tenter de discréditer le mouvement, au mépris de la réalité.

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> Aujourd’hui, les mouvements sont non violents, ils inventent, comme de 1790 à 1792, des formes qui permettent de dire la colère tout en retenant la violence. Les manifestations et les grèves encadrées par les syndicats et les coordinations relèvent de cette tradition, mais on peut aussi voir des occupations avec pique-nique, un « printemps des colères » qui propose en même temps une guinguette. On lit La Princesse de Clève dans un vaste relais de voix devant un théâtre public. Or ces outils de l’auto-retenue de la violence peuvent être mis à mal par les forces de l’ordre quand elles usent de la violence répressive sur les corps.

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Le blog de PAU bat son plein, continue et remercie

In 1 on 2 avril 2009 at 12:23

Chers internautes mobilisés

Le Blog de PAU enregistre depuis début février quotidiennement environ 1000 visites uniques avec des pics allant jusqu’à 3000. C’est un formidable baromètre d’un mouvement en train de se faire à Lyon 2 comme ailleurs. Profitons du 1er avril pour remercier tous les acteurs de la mobilisation actuelle et espérer une amplification des visites et surtout une victoire du front des revendications du plus long mouvement universitaire depuis 1968.

merci2 Au Président de la République pour son discours du 22 janvier

Aux autres listes lyonnaises dont les perspectives raides pendant le mouvement les ont réduit au silence complice

Au Président de Lyon 2 qui n’a pas jugé utile de créer un espace interactif de création et d’expression de la richesse des opinions des chercheurs en SHS de son établissement

Surtout et avant tout aux personnels mobilisés de Lyon 2, étudiants, doctorants, enseignants-chercheurs, Biatos, pour leur inventivité, leur motivation, leur envie de continuer de vouloir maîtriser une conception de leur mission, de leur métier actuel ou futur, ancrée dans la réalité du présent, une réalité qu' »ils » essayent de rendre invivable. Continuons !

Blog Pour une Autre Université

Recettes de maquettes du 1er avril

In 1 on 1 avril 2009 at 14:18

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Préparez vos maquettes à la mode régionale de votre choix.
Quelques suggestions de recettes à mettre en scène le 1er avril, à 16h30, place de la Sorbonne, soit sous forme de pancarte, soit en portant un costume évocateur. Déclamation des recettes envoyées par les facs, avec concours à la clé, défilé en costumes traditionnels, grosse marmite recevant les maquettes et les brûlant. Etc etc.

Si vous ne pouvez être présent(e) le 1er avril place de la Sorbonne, mais souhaitez participer à cette grande criée des maquettes, envoyez-nous vos recettes à postmaster@sauvonsluniversite.com et nous les diffuserons. Vous pouvez aussi donner vos versions des recettes ci-dessous
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Avant de commencer, quelques précisions scientifiques sur la remontée des maquettes : extrait du Dictionnaire ichthyologique français, Editions Educnat, Paris)

La maquette (Maketa universitae, Darcos) est un Téléosteen potamotoqué à tendance thalassodrome montrant un étonnant rectoratropisme négatif. Son temps de génération très rapide (quelques semaines, voire moins en cas d’urgence) lui permet de s’adapter à tous les biotopes malgré des conditions environnementales hostiles voire carrément ubuesques. Sa maturation a lieu, comme chacun le sait, dans la mer des sarcasmes. Le moment le plus spectaculaire du cycle de vie de la maquette est sans nul doute sa périlleuse remontée. Bravant tous les barrages imposés par les CRS [1], la maquette frétille frénétiquement car elle sait que le terme de son voyage doit impérativement être atteint avant le 31 mars, jour (espéré) de la fermeture des vannes dans les ministères. C’est alors merveille de voir toutes ces maquettes convergeant vers la tête de bassin (parisien), le ventre gonflé d’oeufs (de la discorde) ou de laitance (sont durs). Après l’accouplement, les corps des maquettes vont alors pourrir sur la grève, mais la génération suivante est déjà en train de dévaler l’onde fraîche pour rejoindre la mer nourricière (Alma mater) seule à même de permettre un développement correct.

Encore un moment : un petit film ci-dessous permet de suivre la procédure pour bien tuer une maquette (attention la scène comporte des images pouvant choquer de jeunes étudiants de première année et des collègues en préretraite).

Nouvelle nouvelle : le Château Pecresse (voir le portfolio) a fait ses preuves. Il est à ne pas boire jusqu’à la lie.

  • **

Maquettes en escabèche (préparation très rapide, toujours pratique en cas de délai très bref) * Vider les maquettes * Les faire revenir dans 6 cuillérées d’huile de Pécresse bien chaude, pendant 3-4 minutes * Dans une sauteuse, verser de nouveau 6 cuillérées d’huile de Pécresse bien blonde, ajouter des petits oignons, de l’ail, du laurier, des carottes, du piment de CPU, et arroser avec un peu de vinaigre de Darcos. Cuire à petit feu 10 minutes. * Dans un plat à maquettes creux, déposer une couche de légumes et une couche de maquettes. Mettre à rafraîchir. * Servir très froid, avec des rondelles d’IUFM.

– Rillettes de maquettes

Prendre une formation des enseignants dodue et aux écailles luisantes. Lui couper la tête et lui enlever les entrailles (formation disciplinaire, formation pédagogique). Enlever avec soin le stage, qui risquerait de gâcher le goût de la préparation ; le jeter. Découper la formation en filets dont chacun sera négocié séparément. Passer le tout à la moulinette budgétaire. Assaisonner d’un hachis de concours la maquette ainsi obtenue. Déguster pour moitié en 2010, pour moitié en 2011 (les rillettes de maquettes se congèlent très bien).

– Brandade de maquette

  • Faites dessaler la maquette au moins 24 heures avant de la remonter au ministère, changez l’eau au moins trois fois, rincez et assurez-vous que tout contenu a disparu. *Sortez la maquette et triez-la bien en enlevant soigneusement les connaissances disciplinaires. * Pilez la maquette très fin en ajoutant un peu d’huile de décret tiède ; Pelez les circulaires chaudes et écrasez-les. * Dans une casserole mettez une cuillère d’huile de décret et faites juste tiédir, incorporez les circulaires à la maquette et lissez-la bien longuement. * Dressez et servez tiède avec les salades du ministère, à défaut quelques feuilles d’arnaque sauvage iront très bien aussi.

– Mille-feuilles de maquette salé

Préparez la purée de maquette en ébouillantant soigneusement les fondements disciplinaires. Lorsqu’ils s’écrasent d’eux-mêmes, achevez-les au presse-concours. Réservez au frais pour moitié pour 2010 et pour moitié pour 2011.

Après avoir bien roulé les contenus dans la farine, donnez deux premiers tours de réécriture au décret, laissez poser un mois et redonnez deux tours. Si vous craignez que la maquette soit insuffisamment feuilletée, redonnez encore deux tours de décret CDU pour dynamiser l’ensemble.

Fourrez la pâte avec la purée de disciplines bouillies. Enfournez, laissez cramer.

Avant de servir, décorez avec un peu d’oseille que vous aurez généreusement prélevée sur les budgets.

– Maquette en papillotes (idéal pour des invités surprise du ministère)

  • Choisissez de beaux parcours bien frais (oeil brillant, la chair ne doit pas s’effriter sous les doigts), passez-les à l’eau claire après les avoir vidés de leur contenu disciplinaire, déposez-les sur une feuille d’aluminium à en-tête de votre université. Salez, poivrez abondamment. Coupez une épreuve de concours en fines lamelles et ajoutez, à votre guise, quelques petites carottes d’IUFM. Recouvrez d’un filet d’entourloupe non filtrée et de quelques feuilles d’évaluation (d’AERES si vous en avez sous la main). Fermez les papillotes et placez-les délicatement sur la plaque de la présidence. Surveillez le temps de cuisson. Servez brûlantes dans des assiettes creuses.

– Gefilte Maquetten

Dans les recettes traditionnelles de gefilte Maquetten, on commence par enlever les arêtes des maquettes, souvent sur le lieu d’achat même. Les maquettes sont ensuite laissées dans une pâte fine, et bouillies avec des oignons et carottes. Comme son nom l’indique (gefüllte en allemand signifie rempli ou farci), les gefilte Maquetten servent souvent de farce à une réforme entière, qui est en ce cas servie en tranches.

– Maquettes du Fouquet

Prendre dans la Haute Classe, habitée par les stocks options quatre lèches-culottes arrosées de médailles républicaines. Les cuire cinq minutes à feu vif en les baptisant de vin rosé trafiqué de Barnier sous le contrôle d’Iznogouth le chambellan. Rôtie à point, ils récitent en bons élèves la ritournelle réformatrice du président ; pas de crise, il est né le « super enseignant » : travaille 18 heures sans supplément, le salaire n’est pas brillant ; le chômage, les hausses de salaires c’est toujours pour demain, peut être la saint glin-glin.

Les défilés : étudiants, profs, université c’est la récré, la crise du printemps. Mais la grande prêtresse au tablier blanc couvert du sang des enseignants :

  • fait sauter dans une poêle la recherche soi disant alanguie,
  • brûle l’enseignement dans le lait de la justice violée par la loi,
  • noie dans la cafetière la littérature, la princesse de Clèves et la sociologie,
  • découpe en souriant, en dés savants la philo et l’histoire ;
  • tranche et assassine des milliers d’enseignants ;
  • liberté égalité zut dit-elle la choucroute est brûlée. Que va dire le président ?

Enseignants, chercheurs, professeurs, Lyon 2, CNRS, INSERM, INALCO, Evaluation tordue, Cachan, Orsay, Rouen, Cinéma paris : le brouet est infâme clair, sans goût et trop salé.

Littérature, philosophie, histoire, anthropologie, psychologie, astronomie, museum des dinosaures, des plantes de montagnes du monde entier – la sauce est détestable.

Sauce et brouet seraient-ils donc meilleurs et seraient présentables ;

Hélas, trois fois hélas, grande pécheresse il vaudrait mieux jeter à la poubelle de l’histoire les maquettes du Fouquet, les rayer de la carte.

POUR LES REFAIRE PRENEZ LES SAGES DE L’UNIVERSITE. ILS SAURONT JOUER DE LA CASSEROLE ET L’ENSEMBLE SERA DE BON GOUT ET BIEN FAIT.

– Maquettes à l’armoricaine

Prenez une pleine palanquée de maquettes bien fraîches de la variété super-hâtive. Noyez soigneusement le poisson. Prélevez les viscères, les muscles, la cervelle, les nerfs, bref ne laissez que la peau et les arêtes que vous ferez sécher au soleil. Dans un grand faitout lubrifié à la graisse de mamouth, faites griller vivement le contenu des maquettes, puis laissez réduire au moins de moitié. Quand une forte odeur de roussi commence à se dégager, déglacez avec de l’eau tiède. Placez ce qui subsiste du matériau d’origine au mixer et incorporez une généreuse portion de connaissance du système éducatif montées en neige (veillez à faire le plus de mousse possible). Bourrez ensuite le mou des maquettes avec la mixture et ligaturez solidement pour que la gelée informe obtenue ne s’échappe pas. Vernissez soigneusement la peau avec de la gélatine d’indice brut de début de carrière bien brillante (une couche très fine suffira, c’est l’effet optique qui compte). Servez bien frappé sur un lit de queues de cerise en ajoutant une petite rondelle de stage pratique dans une assiette sur trois en moyenne. Ce plat est délicieux accompagné de poires bien mûres. Truc à savoir : il est encore meilleur préparé la veille pour le lendemain.

– Maquettes en colère

Ingrédients :

  • 4 maquettes vidées de leur contenu * 200 g de farine * 1 citron * 1 pincée de piment de Cayenne (qui d’ailleurs va rouvrir bientôt) * 1 cuil. à café de paprika * 4 piques en bois (type cure-dent) * sel

Préparation

Lavez et essuyez les maquettes. Mélangez le piment de Cayenne et le paprika à la farine. Salez l’intérieur des maquettes. Roulez les maquettes dans la farine. Ouvrez l’agrafe des maquettes, insérez-y le bas des maquettes, puis maintenez le tout en transperçant la bouche de haut en bas d’une pique en bois. Cuisez 5 min dans une friteuse préchauffée à 170° (thermostat 5-6, avec son souci constant de l’environnement qui le caractérise, Borloo vous recommande d’utiliser de l’huile recyclée de Mac Do, partenaire du futur CAPES de diététique). Égouttez sur une feuille de papier absorbant, pour enlever les traces de cours fondamentaux qui donnent un goût amer, et servez avec des quartiers de « connaissance du système éducatif ». Servir dans un plat et parsemez ci et là de stages. Vous pouvez accompagner les maquettes avec des grosses salades.

– Maquettes à la Colbert

Pour une fois, je n’ai pris que peu de libertés par rapport aux directives de l’OMC. Quand on fait dans le classique, il faut assumer jusqu’au bout.

Ingrédients

  • deux maquettes en portefeuille (d’actions, bien entendu)
  • trois échalotes
  • un demi verre de vin blanc (cela peut-être le reste d’un litre de Darcos 3 étoiles déjà bien entamé)
  • beurre
  • sel et poivre blanc

Préparation de la maquette

Il faut l’ouvrir en portefeuille, c’est à dire par le dos, c’est assez facile, mais il y faut de la méthode. On commence par décoller une page sans aller crever la peau du ventre : Puis on procède de même avec l’autre page (si votre maquette a par miracle plus de 2 pages, faites, mettez les de côté pour une brandade de maquette) de façon à dégager l’arête centrale des réformes. On coupe cette dernière au niveau de l’OMC, puis on fait de même côté Union Européenne. Attention, c’est délicat, il vaut mieux se munir de ciseaux d’écailler/ (…et toujours cet oeil de Bercy qui nous surveille…) : /On termine en le vidant de tout contenu disciplinaire, si ce n’est déjà fait, en l’ébarbant des options trop techniques, en enlevant les matières fondamentales, on le rince et on l’éponge (si on n’a pas déjà jetée cette dernière). C’est important d’enlever les matières fondamentales d’une maquette, car elles donnent de l’amertume. Même chose lorsqu’on confectionne un fumet de maquette.

Recette

Préchauffez le four à 220°. Pelez les échalotes, hachez les finement et faites les suer sans coloration dans un peu de beurre.

Beurrez légèrement une case en terre, parsemez-la des échalotes, et posez les maquettes par dessus. Versez le demi verre de vin blanc (De Darcos) autour. Saupoudrez-les de chapelure (j’utilise des petites universités qu’on trouve en épicerie bio chez Pécresse, que j’écrase, je vous garantis que ça change tout et que ça concilie les plus récalcitrants à la LRU !). Disposez quelques fragments de beurre, pour que tout passe bien, salez et poivrez (très légèrement).

Passez au four très chaud genre six minutes, la bonne cuisson se détermine au moment où le tampon du ministère sur les maquettes blanchit.

Ce qui me plaît bien dans les recettes qui réclament un demi verre de vin, c’est qu’il en reste un peu dans la bouteille. J’ai donc bu là-dessus un bordeaux blanc de Xavier Darcos, du domaine Fraudeaux-Bac, de très loin le meilleur rapport qualité prix de ce vignoble, puisque pour seulement 2000 euros, on a un remplaçant corvéable.

– Remontés de maquettes (Raviolis)

Processus de Bologne

Ingrédients :

  • Pour la farce : 800g de maquettes de master (parcours, filière, enseignement), 150g de LMD2, ¼ de litre de vin de messe aromatisé, herbes (stage, tutelle, lauriers, capes blanc en grains, mémoire de M1), crème, 2 œufs et aeres.
  • Assaisonnement : beurre, aeres, râpé, oral, écrit.
  • Et la pâte, naturellement.

Réalisation :

Faire cuire les maquettes dans l’eau et le vin de messe avec les herbes. Ôtez le disciplinaire et les contenus, mettez à part un peu de chair qui servira pour la sauce, mixez le reste avec le LMD2. Réservez aussi 2-3 cuillérées de ce mélange pour la sauce.

Lier la maquette mixée avec les œufs, le mémoire de M1, l’aeres et un peu de crème fraîche. Avec la farce, on prépare des raviolis de belle taille (compter 10-12 par personne) de la forme qu’on préfère et on les cuit dans de l’eau salée.

On les passe ensuite à la poêle en leur incorporant un mélange de beurre, chair de maquette émiettée, maquette mixée, CAPES blanc frais (é)moulu. Puis l’aeres et une pincée de râpé (malgré la présence de maquette) Dans le cas où la sauce serait trop épaisse, l’allonger avec un peu d’eau de cuisson de la maquette.

– Maquettes à la Thatcher

Encore appelées, maquettes à la Reagan, les maquettes à la Thatcher sont un plat populiste, économique, maigre et sans saveur ; un plat mondialisé pour lendemain de crise de foi.

Aborder le vivier plein de maquettes sans prendre de gants. En virer la moitié d’un geste autoritaire du poignet. Demander si nécessaire l’aide du propriétaire, président de la maquette publique. Ne pas se laisser attendrir par les belles maquettes frétillantes jetées sur l’herbe. Détourner l’œil et ne plus s’en occuper. Parmi les maquettes restantes, garder les plus grasses et les plus dociles ; les faire tourner en rond et jeûner pendant huit semaines. Jeter le reste en pâture à la populace. Lorsque les maquettes sélectionnées sont bien affinées, les pocher au beurre négocié. Pour absorber le trop plein de revendications, les évaluer cinq minutes sur papier absorbant en sept exemplaires. Présenter les maquettes entre deux moitiés de pain brioché enrobées d’une sauce parlementaire épaisse et parsemée de brins de démagogie. Envoyer les sept exemplaires d’évaluation papier au ministère, signés par le président d’université et l’ensemble des directeurs d’UFR, avant la date limite des prochaines élections présidentielles. Déguster les maquettes à le Thatcher avec un vin de pays de la communauté européenne ou un coteau de Lisbonne.

Un moment décisif pour le mouvement

In 1 on 31 mars 2009 at 20:02

Le mouvement national de refus du dispositif d’inspiration néo-libérale que veulent imposer aux universités Mme Pécresse et M. Darcos a pris une ampleur inédite. Plus de huit semaines de grève des enseignements, des initiatives de popularisation les plus variées et les plus inventives, une collaboration fructueuse entre étudiants, doctorants et enseignants chercheurs, un soutien croissant chez les personnels BIATOSS sont autant de preuves que ce mouvement est non seulement déterminé mais aussi porté par une partie significative de la communauté universitaire. Face à cette résistance massive, le Ministère, soutenu par le Premier Ministre et le Président de la République, a décidé d’adopter une stratégie d’attente, espérant par là entraîner la lassitude des principaux acteurs (le pourrissement) ou les dérapages qui permettraient ensuite de disqualifier les revendications ainsi que ceux et celles qui les portent. À cet égard, nous condamnons toutes formes de violence et de répression arbitraires et unilatérales contre des manifestants pacifiques, qu’ils soient étudiants (Lyon (Biovision), Orléans, Toulouse…) ou enseignants-chercheurs (Paris, Marseille…). La stratégie de l’attente émane de ceux qui savent qu’ils n’ont aucune base de soutien  dans la communauté universitaire, aucun moyen de mobiliser leurs vecteurs habituels (syndicat autonome, CPU) pour avancer leur projet. Cette stratégie échouera.
Elle échouera car les enseignants chercheurs et les étudiants mobilisés ont compris que nous sommes à un tournant pour l’Université française et que s’ils perdent cette bataille, c’est tout l’avenir de nos facultés qui s’assombrit. Contrairement à leur rhétorique médiatique, ce que veulent les porteurs du projet ministériel c’est en finir avec l’autonomie universitaire, celle qui permet bon an mal an aux universitaires de gérer leurs carrières, d’évaluer les recherches dans un esprit collégial sans interférence extérieure et sur la seule base de la compétence scientifique jugée par les pairs. Ce que veulent les adversaires de la vraie autonomie universitaire c’est que l’université se soumette au pilotage comptable, à la concurrence de toutes contre toutes, à l’arbitraire politique (par le renforcement du pouvoir des présidents). Concurrence accrue, gestion managériale, individualisation des services et des primes, précarisation des personnels, privatisation rampante (par le biais des partenariats public-privé), appauvrissement et sélection sociales des étudiants (bourses dans le cadre de la réforme des Crous et de la mastérisation, CDU), autant de pratiques qui ont déjà montré leur nocivité ailleurs et qu’au nom d’une idéologie, aujourd’hui en déroute, l’on souhaiterait importer dans le champ universitaire. Nous avons raison de résister. La seule question importante qui se pose, c’est comment faire pour amplifier le mouvement, comment faire pour gagner.
C’est dans ce cadre, et seulement dans ce cadre que le collectif Pour une Autre Université et ses élus abordent ce moment décisif du mouvement. Si les questions de modalités de lutte (notamment la grève et le blocage) ou d’évaluation des connaissances (rattrapage des cours, remplacement des cours par d’autres formes de transmission du savoir) sont importantes, elles restent néanmoins secondaires par rapport aux enjeux du mouvement en cours. Nous saluons la volonté, certes un peu tardive, de la Présidence de vouloir mieux articuler sa démarche institutionnelle par rapport à la grève et de prendre des initiatives propres (journées banalisées, organisation d’assises) qui pourraient renforcer le mouvement, mais nous rappelons que l’avenir du mouvement doit être décidé par ceux et celles qui le portent – dans des difficultés croissantes – depuis deux mois. Ce sont les assemblées générales, par département, par faculté, au niveau central, qui ont donné au mouvement sa vivacité et ont assuré son ancrage dans la communauté ; ce sont elles qui décideront de la suite.

Liste PAU – « Pour une Autre Université »

Programme de la semaine à Lyon !

In 1 on 30 mars 2009 at 18:18

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3 dates à retenir pour cette semaine :

31 mars : AG des personnels Lyon2 sur le campus des quais, 11h30, amphithéâtre Aubrac

1er avril : tout un programme ! (cf. ci-dessous)

2 avril : grande manifestation « de la maternelle à l’université » à 14 H, des Terreaux à la Préfecture (en parallèle à la manifestation nationale et unitaire à Paris), à l’appel des collectifs, associations de parents d’élèves et de l’intersyndicale

manif

–  Lyon 1, départ à 10h du Boulevard du 11 Novembre

Lyon 2 / IEP : manif’ de droite, départ à 10h30 Place Carnot

– Manifestation à vélo, départ à 11h Place Louis Pradel

Musicologie, départ à 10h Place de la Croix-Rousse

Trans’, pds, gouines et féministes, départ à 10h Place Bellecour

RUSF, départ à 10h Place Guichard

– 12h à 14h30 : rassemblement Place Guichard.

Il s’agit d’un événement festif (batucada, etc.) et culinaire (appel à participation!!).

14h : rassemblement en soutien aux inculpés de Biovision devant le tribunal de grande instance (Rue Servient, à proximité de la place Guichard)