Blog du collectif des personnels mobilisés de Lyon 2

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Même l’AERES s’y met !

In Actualités on 1 mars 2009 at 16:03

Nous, délégués scientifiques à l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (sections des unités de recherche et des formations), signataires de ce texte, tenons à témoigner notre désaccord avec les proclamations et contre-vérités entendues récemment concernant l’évaluation de la recherche. Nous affirmons, en particulier, qu’il est injuste et sans fondement de répandre l’idée que la recherche n’aurait jamais été évaluée en France, voire que les enseignants-chercheurs refuseraient toute évaluation : cela  révèle une profonde méconnaissance du fonctionnement de la communauté scientifique.

Nous rappelons que l’agence a été installée en 2007 pour devenir le centre des processus d’évaluation des activités de recherche et d’enseignement qui étaient jusqu’alors assurés par plusieurs instances. Notre travail est d’organiser en toute indépendance cette évaluation des unités de recherche et des formations. Celle-ci est effectuée par des pairs, étrangers ou français, femmes ou hommes, choisis pour leurs compétences disciplinaires en matière de recherche et de formation, dans le respect de règles déontologiques admises dans toutes les communautés scientifiques du monde.

Les chercheurs et enseignants-chercheurs quant à eux sont constamment évalués : ils le sont par diverses institutions collégiales lorsqu’il s’agit de leur recrutement ou de l’évolution de leur carrière ; ils le sont aussi par des comités de lecture lorsqu’ils soumettent des articles pour publication et par des experts anonymes quand ils répondent à des appels à projets français, européens ou internationaux ; ils le sont enfin lorsqu’ils demandent une prime ou proposent à l’accréditation des projets pédagogiques de nouvelles filières et diplômes.

Rappelons enfin que notre mission à l’agence nous permet de poursuivre nos activités de recherche et d’enseignement dans nos institutions respectives. Nous sommes donc à double titre les témoins du sérieux avec lequel nos collègues considèrent le rôle de l’évaluation, mais aussi désormais, du malaise général qui s’est installé depuis ces proclamations non fondées.


Signataires

Pascal Auscher, Michel Pierre, Maria Zamora, Régis Réau, Alain Merlen, Robert Mégy, Max Malacria, Jean-Michel Robbe, Frédéric Truchetet, Jacques Desrues, Edith Falgarone,  Jean-Marc Geib, Daniel Guedalia, Marie-Yvonne Perrin, Michel Robert, Luis Farina del Cerro, Georges Hadziioannou, Jean-François Deconinck, Luc Dugard, Jean-Léon Houzelot, Rosine Lallement, Pierrick Gandolfo, Arnaud Mercier, Sandra Laugier, Ronald Shustermann, Nadine Massard, Annie Vinter, Rostane Mehdi, Anne Cammilleri, Catherine Sofer, Christian Genre, Pierre Glaudes, Erwan Bézard, Philippe Normand, Alain Pugin, Patrice Bourdelais, Patrick Rousseau, Pierre-Hervé Luppi, Patrice Fontaine, Charles Dumontet, Fabien Paulus, Claude Lecomte, Bernard Dastugue, Pascal Ferré, François-Loic Cosset, Frédéric Flamant, Christian Barillot, Claude Maranges, Jean-Claude Germon, Gabriel Dupuy, Jacques de Maillard, Pierre Muller, Sharon Peperkamp, Yvette Veyret, William Marx, Christine Maillard, Gilles Perrin, François Cury.

Le mouvement des chercheurs et universitaires doit maintenant « monter en généralité »

In Actualités on 1 mars 2009 at 15:34

Par Jean-François BAYART, le 26 février 2009

Ce point de vue de Jean-François Bayart, directeur de recherches au CNRS, a été publié sur le site de Mediapart le 25 février 2009, et lu publiquement devant le Panthéon, lors de la manifestation du 26 février.

En annonçant la rupture, Nicolas Sarkozy n’avait pas trompé sur la marchandise. Malgré ses incohérences discursives de chauve-souris (voyez mes ailes, je suis libéral et atlantiste, voyez mon corps, je suis national et protecteur), ses objectifs sont clairs : d’une part, soumettre la société française à la dictature d’une rationalité strictement comptable, quantitative et financière, celle du New Public Management, en cassant l’autonomie des corps intermédiaires, des institutions, des métiers ; de l’autre, la corseter à grand renfort de lois liberticides, de fichiers, de vidéosurveillance, de descentes policières aux abords des écoles et dans les établissements eux-mêmes sous prétexte de lutte contre l’immigration clandestine et la drogue, d’ingérences dans les médias, la magistrature ou le monde des affaires, d’invocations étatiques de l’ « identité nationale » (incitations à la délation à l’appui), de traques contre une « ultragauche » censée être virulente mais dont les juges ont quelque peine à établir la culpabilité. D’un côté, le néo-libéralisme ; de l’autre, le dirigisme, et de plus en plus l’autoritarisme. En bref, le national-libéralisme. La mise au pas de l’Université et le démantèlement du CNRS, sous prétexte d’ « autonomie », de « réforme » et de « mise à niveau internationale », ne sont qu’un pan de ce projet global, qui concerne symétriquement l’hôpital, la médecine jadis « libérale », les transports, la poste, la Justice, l’Education nationale, et à peu près tous les secteurs sur lesquels l’Etat peut agir. La technique gouvernementale est également partout la même : au mieux, « balader » les partenaires sociaux par des négociations en trompe l’œil ; au pire, les affronter en exhalant le mépris à leur encontre et en taxant de « corporatistes » leurs objections. De ce point de vue, le discours du 22 janvier de Nicolas Sarkozy, dans lequel il exprima de manière particulièrement mal informée et vulgaire son dédain à l’égard de la communauté scientifique et universitaire, fut peut-être une erreur tactique, du fait de l’indignation qu’il suscita, mais certainement pas un dérapage qu’expliqueraient le stress, l’énervement habituel et le machisme de comptoir du président de la République. Le réformisme autoritaire sarkozien, qui attribue à l’Etat le monopole de la modernité et de la clairvoyance, selon une inspiration bien française, suppose que les institutions et les métiers qu’il prend pour cibles soient avilis, afin que soit salie leur dignité, disqualifiée leur argumentation, et brisée leur résistance. Il y a du viol dans cette technique de gouvernement, mais comme dans les opérations de purification ethnique celui-ci est rationnel et stratégique. Dans ces conditions, les chercheurs et les universitaires ont une responsabilité nationale particulière. Parce que leur métier est de comprendre le monde dans lequel nous vivons, parce que leur vocation est au service du pays et non de ses gouvernants successifs, parce qu’ils doivent rendre compte de leurs travaux aux contribuables qui les financent et à l’ensemble des acteurs sociaux, parce qu’ils tiennent entre leurs mains une bonne part de l’avenir en tant que producteurs et dispensateurs de la connaissance, la grande ressource économique de demain, ils doivent dépasser le répertoire de leurs seules revendications et restituer la cohérence d’ensemble de ce qui se passe aujourd’hui en France. L’asservissement de leur profession à la logique néo-libérale est de la même encre que celui de l’ensemble des services publics et des institutions. Le tout à l’étalonnage (bench marking) des performances de la Recherche et de l’Université, appréhendées dans les termes exclusifs de la bibliométrie et des classements internationaux selon des méthodes quantitativistes hautement contestables et arbitraires,leur dévolution à l’autorité toute-puissante de Présidents transformés en grands patrons, la confusion systématique dans le discours présidentiel entre la recherche fondamentale – dont la finalité est la connaissance – et la recherche-développement ou l’innovation – au service de l’industrie – ont leurs exacts pendants. Par exemple, la « tarification à l’activité » (T2A). Celle-ci assure désormais l’intégralité du financement de l’hôpital, la mue de celui-ci en entreprise soucieuse de « maîtrise des coûts de production » et de « positionnement face à la concurrence » sous la houlette compétitive de « chefs de pôle », et la liquidation de l’idée même de qualité des soins au bénéfice d’une logique financière regroupant les malades en « groupes homogènes de séjours » (GHS) qui déterminent une durée idéale de séjour et une tarification non moins optimale. C’est également dans cet esprit que des chaînes de productivité sont instaurées dans la Justice, qui automatisent cette dernière et l’inféodent à la Police, ou que les services publics sont démantelés parce qu’ils coûtent cher, sans que jamais l’on nous dise ce qu’ils rapportent en termes d’environnement, d’attractivité internationale de la France pour les investisseurs étrangers, de qualité de vie ou de mutualisation et d’économie d’échelle des dépenses des ménages. Chacun en fait l’expérience quotidienne, comme travailleur salarié ou indépendant, comme étudiant ou comme chômeur, comme consommateur, comme usager, comme patient : en voyant un proche n’être accepté en unité de soins palliatifs que si son espérance de vie est supérieure à 2 jours et inférieure à 35 jours, T2A oblige ; en se heurtant à l’opacité de la tarification de la SNCF, d’Air France ou de la téléphonie mobile ; en devant continuer à se porter caution auprès d’un propriétaire pour un enfant trentenaire, titulaire d’un doctorat, mais cantonné dans un CDD à durée illimitée par un Etat qui est le premier à violer le droit du travail ; en découvrant qu’un tribunal de commerce de Lyon s’enorgueillit de délivrer des sentences certifiées ISO 9001 ; en constatant que son épargne a fondu de 40% en 2008 grâce à la merveilleuse gouvernance néo-libérale des marchés financiers ; en consacrant plus de temps au fund raising qu’à la recherche, ou à l’administration dirigiste de l’exercice de la médecine « libérale » qu’à ses malades ; en attendant quatre mois au lieu de quinze jours le raccordement de sa maison au réseau électrique depuis que l’Union européenne a enjoint de dissocier le fournisseur d’énergie de l’exploitant du réseau, pour le bien naturellement de la concurrence et du consommateur ! Il ne s’agit pas de reprendre le vieux débat entre les mérites (ou les défauts) respectifs du marché et de l’Etat, mais de ramener notre classe politique à un minimum de bon sens. Quel est le coût de ces réformes emphatiques et incessantes qui empêchent les gens de travailler, quand de simples ajustements les y aideraient ? Est-il bien raisonnable de livrer notre hôpital, notre Université, notre Recherche, notre Justice, nos services publics à une gestion néo-libérale dont les limites sont devenues patentes aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, et qui a plongé le monde dans la plus grave crise économique et financière depuis 1929 ? Dans quelle société, et selon quelles valeurs, voulons-nous vivre ? Au-delà de leur propre malaise, et de la colère qu’a fait monter en eux le discours insultant du chef de l’Etat, les chercheurs et les universitaires doivent, non apporter la réponse, mais poser la question et alerter leurs concitoyens sur les vrais enjeux du national-libéralisme.

Motion AG Lyon 2 – 23 février

In Actualités on 24 février 2009 at 17:26

L’AG des personnels de Lyon2 s’est tenue le 23 février au campus de Bron, à 12h. Elle a rassemblé 300 personnes, dont environ 200 membres du personnel (enseignants et Biatos) et une centaine d’étudiants.

Un bilan a été fait sur le plan national : dernières manoeuvres ministérielles ; motions des diverses coordinations nationales (entre autres, abrogation de la LRU votée par la coordination nationale des universités).

Un point a été fait sur Lyon 2 : suivi de la grève, actions diverses (cours hors les murs, ateliers avec conférences-débats…), demande de report des élections (CPT le 3 mars, comités de sélection le 10 mars, jour de la manifestation nationale de la maternelle au supérieur). Ont particulièrement fait débat :
1. les modalités d’action (grève, actions symboliques ou maintien des cours) à adopter au retour des vacances ont suscité des discussions : l’AG a conclu sur la nécessaire solidarité des personnels en lutte, sans condamnation de la position des uns ou des autres et sans divisions préjudiciables par rapport à l’objectif recherché de retrait des réformes ;
2. de même, la meilleure réponse à apporter au mouvement de précarisation des personnels (enseignants et Biatos) a fait l’objet de débats : la diversité des cas n’a pas permis l’adoption d’une motion claire. Mais la lutte contre la précarisation est, une nouvelle fois, apparue comme centrale dans le mouvement actuel et les participants se sont promis de poursuivre la réflexion pour arriver à une motion commune ;
3. le contrat doctoral unique : après l’Appel national du Collectif « Jeunes chercheurs » de Lyon (http://jeuneschercheurs.wordpress.com), le débat s’est installé autour de ce projet de décret. Le collectif Papera (Collectif pour l’abolition de la précarité dans l’enseignement supérieur, la recherche et ailleurs) va faire remonter cet Appel avec les 1500 premières signatures lors d’une réunion au ministère ce mardi avec la revendication du retrait du projet de décret sur le CDU et l’ouverture d’une négociation avec tous les acteurs de l’ESR.

Plusieurs interventions ont insisté sur la nécessité d’un positionnement clair de la présidence sur divers points (décrets, autonomie, plan campus), en particulier après la lecture du message(*) du président, en réponse à l’AG du 10 février qui lui demandait de se rallier à « l’Appel de la Sorbonne« , et d’extraits de sa récente interview à l’AEF.

VOTES de décisions et motions :
1. Grève reconduite jusqu’au jeudi 26 février inclus (ne votent que les enseignants : 110 pour, 1 contre, 0 abstentions, 0 NPPV (ne prend pas part au vote))

2. Nouvelle demande au président Olivier Christin de se rallier à « l’Appel de la Sorbonne » (160 pour, 0 contre, 3 abst., 1 NPPV) ;

3. Demande au CA de se positionner absolument et sans ambiguïté pour le retrait du projet de mastérisation, sans se limiter à des problèmes techniques ou de calendrier (190 pour, 0 contre, 0 abst., 0 NPPV)

4. Motion de soutien à la grève générale en Guadeloupe et Martinique (135 pour, 0 contre, 2 abst., 0 NPPV) : « Depuis le 24 janvier, la grève générale paralyse la Guadeloupe, elle s’est étendue depuis le 5 février à la Martinique et commence à gagner les autres DOM. Nous, enseignants-chercheurs, personnels et étudiants de l’Université Lumière-Lyon2, participant à la grève reconductible des universités depuis le 2 février, déclarons solennellement notre refus de la répression et notre solidarité avec la grève générale des travailleurs et des peuples des DOM ».

Une journée de « cours hors-les-murs » aura lieu, mercredi 25 février, de 9h à 17h, place Louis Pradel, devant l’Opéra (informations et programme sur ce blog))

Dans le cadre d’une journée d’action nationale, une manifestation aura lieu le jeudi 26 février, départ de la place des Terreaux à 14h.

La prochaine AG des personnels se tiendra jeudi 26 février (campus des Quais, amphithéâtre Laprade) à 17h, après la manifestation.

SNESup, PAU, Collectif des personnels mobilisés

(*) Réponse d’Olivier Christin du 17 février :
« Chers Collègues,
Je croyais que ma position était claire et que j’avais assez manifesté ma proximité avec cette initiative en son temps. Je vous rappelle que dès le 17 décembre nous avions organisé un congrès qui avait voté l’unanimité contre le projet de décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs. Je comprends avec votre message qu’il faudra peut-être rendre les choses plus claires à l’avenir entre nous: c’est la suite des événements qui importe.
Bien cordialement,

Olivier Christin« 

Action ‘Cours hors les murs’ – 25 février 2009

In Actualités on 24 février 2009 at 11:48

arton1956-6a307Mercredi 25 Février 2009
De 9h à 17h
Place Louis Pradel – Devant l’Opéra
Action  ‘Cours hors les murs’

Suites aux réformes actuelles touchant le monde universitaire, enseignants-chercheurs et étudiants ont décidé de mettre en place une action alternative. Nous vous proposons de (re)découvrir le travail de qualité produit par l’Université française au travers de l’action ‘cours hors les murs’. Cours qui auront lieu ce mercredi 25 février entre 9h00 et 17h00 sur la place Louis Pradel, en face de l’opéra (Métro : arrêt « Hôtel de ville). Cet évènement, ouvert à tous, sera assuré par des enseignants des Universités de Lyon. Venez avec vos chaises !

Programme des interventions de la journée

9h-10h : Mme Orazi (MC) – Les origines du féminisme en Grande Bretagne

10h-11h : M. Rebillard – Le web participatif : des potentialités techniques aux réalités sociales

11h-12h : Une intervention est susceptible d’être mise en place d’ici mercredi sur ce créneau.

12h-13h : PAUSE

13h-14h : Mme Kiehl – Les rapports entre l’art et le pouvoir dans la pièce de Howard Barker : tableau d’une exécution.

14h-15h : M. Le Quangue – Mouvement indigène et démocratie en Amérique Latine

15h-16h : Mmes Touboul & Kabous (MC), Kerfa & Pitel (ATER docteurs), Michaud (allocataire monitrice) – Systèmes universitaires français et espagnols, présents et à venir.

16h-17h : M. Walker (MC) – Comment ne pas perdre son capital sympathie : une linguistique du libéralisme.

Pour ou contre la grève ? Quels autres moyens de lutte ?

In Actualité de PAU on 23 février 2009 at 21:09

Pour ou contre la grève ? Quels autres moyens de lutte ?

« La grève dure est notre seul moyen d’action ». Ces propos récents tenus à la fois par un ouvrier du privé et un professeur des universités ont suscité les réflexions qui suivent, à propos des divers moyens d’action autres que la grève, envisagés pour se faire entendre du gouvernement. Ces réflexions sont censées répondre aux inquiétudes et contribuer aux questions que se posent beaucoup de personnels enseignants engagés dans la grève des cours à Lyon 2 depuis 2 semaines (3 semaines à l’IEP), alors que la reconduction de la grève sera envisagée lors de l’AG des personnels à la rentrée du 23 février.

Problème posé par de nombreux collègues à Lyon2 comme dans d’autres universités : les étudiants n’ont pas eu cours depuis la deuxième semaine de janvier. Avec la grève et les vacances d’hiver, l’interruption a déjà duré 6 semaines. Quid des étudiants perdus dans la nature ? Faut-il continuer la grève de manière radicale ? Ne pourrait-on pas reprendre les cours en organisant des actions alternatives ? Les étudiants doivent-ils payer pour des réformes dont ils ne sont pas responsables ?

1. Suspension des cours
a. Durée de la suspension
Certes, il y a toute la période de banalisation du mois de janvier, mais il ne faut pas l’additionner aux semaines de grève. Elle est à imputer au système du LMD qui fractionne en semestres et crée des ruptures longues ; ce mois de vacance pédagogique aurait donc de toute façon eu lieu. Toutefois, les étudiants ne sont plus de petits enfants qu’il faudrait souvent garder en cours pour qu’ils continuent à penser et se former intellectuellement. Une situation de lutte, assez inédite, comme celle-ci, est l’occasion de réflexions multiples intellectuelles, citoyennes : place de la recherche dans la société ? sens et fonction du public ? de la formation des enseignants ? du fonctionnement de nos institutions (décret, loi, assemblée), etc. Dans les AG, il est aisé de constater que, pour les étudiants comme pour les enseignants, la grève est une période de formation enrichissante et de développement de la maturité intellectuelle et civique : analyses systémiques étendues à l’ensemble de la société, réflexion sur les divers modes d’action, organisation collective de la lutte, création de comités de mobilisation, prise de conscience d’une solidarité au-delà de sa composante, etc. Tout cela est essentiel et vaut autant en pratique que diverses approches théoriques des problèmes sociaux (cours de sociologie, de sciences politiques ou de littérature de la résistance).

b. Réalité de la suspension
Objectivement, les étudiants n’ont pas eu cours pendant les deux (trois) premières semaines du semestre 2. Mais cela est à relativiser, car la grève n’a pas été « radicale » : les étudiants avouent eux-mêmes que durant la 1ère semaine, la grève a été presque totalement suivie mais que, dans certaines composantes, pendant la 2ème semaine, en gros 1 enseignant sur 8 a réellement fait grève, les autres se contentant, souvent, de 5-10′ d’intro sur la grève pour enchaîner normalement sur leur cours.

2. Grève et conséquences pour les étudiants
a. Problème de la « prise d’otage »
Les étudiants ne sont pour rien dans les réformes, certes, mais si on fait les cours ou si on les rattrape, cela revient tout bonnement à annuler l’effet de la grève. Faire une grève tournante ou recourir uniquement à une action symbolique, c’est faire en sorte que la grève ne soit pas gênante (éternelle question de la « prise d’otages » posée par la droite) et une grève qui ne gêne pas ou plus, ce n’est plus une grève. Bref, cela revient à casser notre seul outil de lutte. Une grève n’est jamais une partie de plaisir : pour qui la fait, c’est une perte de salaire et un investissement psychologiquement et matériellement plus lourd ; pour ceux qui la subissent, ce n’est jamais sans dommages. Une grève des transports a toujours des répercussions (telle personne qui ne peut se rendre à son rendez-vous d’embauche, etc.), idem pour une grève des postes, des enseignants du primaire, etc.

b. Effets mineurs ponctuels de la grève vs effets dévastateurs et à long terme des réformes

On peut résumer le dilemme en mettant les choses en balance : d’un côté une grève de 2 semaines, voire d’un semestre de cours (voyons loin !) ; d’un autre, casse de la fonction publique (l’idée du gouvernement, sur le modèle d’autres pays, est de revenir sur le statut de fonctionnaire et de faire en sorte qu’on puisse licencier des fonctionnaires), suppression de postes par milliers, précarisation universelle (des Biatoss, de nos futurs collègues EC…) et sélection sociale de nos étudiants : réforme des Crous ; logement dans des conteneurs ; mastérisation (qui voudra faire des études pour être enseignant, si l’issue est aussi contraignante qu’aléatoire, c’est-à-dire s’il faut ET un master ET un concours ET passer un entretien d’embauche dans un établissement, tout cela au bout de 5 ans d’études, sans financements réels ? Personne, sauf ceux confortables socialement – d’autant que la hausse des frais d’inscriptions est à craindre, quand les universités coulent, faute de financement du privé, comme en Angleterre).
Face à cette destruction sans précédent, nous pouvons faire cours, ce qui satisfera nos étudiants et nos consciences dans l’immédiat. Mais il nous faudra alors répondre à toutes les générations d’étudiants à venir que nous n’avons rien fait, parce que nous avons craint de ne pas satisfaire une seule génération ; et il nous faudra finir notre carrière en concurrence avec des collègues en CDD, à qui nous expliquerons que nous n’avons rien fait pour assurer le maintien du statut de fonctionnaire. C’est donc le pari pascalien : d’un côté, un très grand risque contre lequel on lutte par la grève « radicale », dont on ne sort évidemment pas le sourire aux lèvres ; de l’autre, pas ou peu de risques (la grève ne détruira pas les cerveaux de nos étudiants, beaucoup d’EC qui ne se déclarent ni ne versent à une caisse de solidarité ne perdent rien financièrement ; il n’y a pas (encore) de risque de perdre son poste de fonctionnaire…).

3. Sur les actions autres que la grève (= jet d’avions en papier sur le ministère de l’ESR ; défilé en tenue de père Noëls ; envoi des publications et travaux de recherche à Sarkozy pour qu’il évalue lui-même les chercheurs ; lancers de ballons en forme de coeur comme « preuves d’amour » à Pécresse ; découpage et collage de citations de textes sur l’arbitraire du pouvoir et la résistance ; enterrement de l’université avec cercueil ; soutenance parodique de thèse de Pécresse ; cours hors les murs avec mégaphone et blouse blanche pour les scientifiques durs ; pique-niques mani-festifs ; chaîne humaine ; lecture de texte ; classement de sandales, etc.). C’est une pratique qui a commencé avec SLR en 2003-2004 et qui vient de collègues de sciences dures ; elle est fortement soutenue par les étudiants. Discussion sur les finalités, avantages et inconvénients.

a. Action alternative vs action symbolique
On distinguera l’action « alternative » de l’action « symbolique ». L’action alternative a pour but de se substituer à la grève, présentée comme inefficace, invisible ou trop politisée ; elle donne bonne conscience et permet de reprendre les cours. L’action symbolique se situe sur un autre plan : donner une autre consistance au réel (symbolique en l’occurrence) pour le faire comprendre, entrevoir, partager et accepter par ceux (les « spectateurs ») dont ce n’est pas, précisément, le réel. Autrement dit, l’action symbolique permet la communication et le partage entre ceux qui la font et ceux qui peuvent la voir, l’entendre, la recevoir.
Mais une action alternative est souvent symbolique, parce qu’elle privilégie cette modalité pour ne pas recourir à la grève. Il faut donc s’entendre : pour ne pas casser la force de l’outil que constitue la grève, il faut absolument concevoir l’action symbolique comme le moyen de compléter et rendre visible une opposition qui, si elle ne se manifeste que par la grève, risquerait de rester invisible.  C’est par l’action symbolique que la lutte peut « gagner l’opinion » et se rendre visible à la surface sociale, dans les discours sociaux les plus accessibles, c’est-à-dire les discours médiatiques. On peut donc plaider et œuvrer pour une combinaison de la lutte politique (grève, manifestations, assemblées générales, blocage de conseils) et de l’action symbolique. Face à un gouvernement aussi arbitraire et violent, le symbolisme seul n’est pas de mise : le symbolique opposé au politique, c’est beau comme Platon, mais l’intellectualité pure, abstraite de l’aspect concret et politique de la lutte (grève, etc.), court le risque d’être sans pertinence et spectaculaire.

b. Pertinence de l’action symbolique
Pour être pertinente et partagée par les « spectateurs », l’action symbolique doit être orientée vers l’autre et avoir du sens. Le sens du déguisement des chercheurs en pères noëls, des avions en papier lancés sur le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ou du lâcher de ballons en forme de cœur (pour répondre à la ministre parlant de « formes d’amour ») n’a pas été compris par l’opinion et a plutôt été vu comme une caricature de l’action. Autre exemple : la lecture en public de la Princesse de Clèves. Cette manifestation symbolique a du sens politique, si elle vise à s’opposer au discours de Sarkozy sur l’éducation, qui citait la Princesse de Clèves comme parangon de l’inutile. En revanche, si cette lecture publique prenait la forme de « lire un beau texte que j’aime pour mettre de la beauté dans ce monde de brutes », la cible politique disparaît et le lien avec la défense du service public, des étudiants…, devient particulièrement obscur. L’idée de chaîne humaine, proposée par certains, demande donc à avoir du sens : pourquoi une chaîne serait-elle plus pertinente et efficace qu’une manifestation ? Une chaîne humaine, c’est une personne par mètre linéaire (en gros) ; dans une manifestation, c’est 20 personnes par mètre. Quantitativement, le ministère saura toujours faire l’addition. On dit que les syndicats ne sont représentatifs que de 10% de la population qui travaille ; a fortiori, une chaîne humaine, aussi grande soit-elle, sera encore plus vite réduite à l’état de phénomène négligeable. Le sens, la finalité, l’effet attendu, doivent être pensés et donnés avant la manifestation.

c. Dimension spectaculaire et/ou solidaire
Certaines actions symboliques courent le risque d’une mise en scène de la lutte et de l’individu. On peut concevoir qu’une lutte est quelque chose de sérieux qui ne souffre pas une certaine théâtralisation, sur le mode tragique, poétique, comique ou médiatique. L’enseignant qui fait son cours hors les murs avec un mégaphone participe à la société du spectacle : il fait un happening dans une société du spectacle, c’est du pas ordinaire mais calibré dans les normes pseudo-extra-ordinaires de la-dite société. L’enseignant est marrant, on sourit en l’écoutant parce qu’il ne se prend pas au sérieux – et parce qu’il n’est pas sérieux… Cela est encore plus marqué dans les actions symboliques caricaturales : un professeur d’université en père Noël, c’est rigolo – mais au fond, que retient-on, sinon l’image de quelqu’un de pas très crédible ?
Inversement, on peut considérer que les cours hors les murs sont l’occasion pour les étudiants de devenir un public actif et pour les enseignants, de manifester une solidarité avec leurs étudiants. En somme, de lutter contre l’idée que la grève prend les étudiants « en otage » : le cours hors les murs est la manifestation, dans l’espace public, que la lutte est partagée. Il importe alors de définir les contenus des-dits cours : si ce sont les cours habituels, prévus pour être faits dans les murs, cela risque d’annuler la grève. Mais si le contenu de ces cours est réapproprié, si ces contenus ne sont pas académiques mais en prise directe avec la réalité et les objectifs de la lutte, l’action symbolique atteint son but. Le spectaculaire (action inédite d’un individu dans un cadre extraordinaire) est dépassé au profit d’un échange d’idées entre citoyens, qui peut déboucher sur une amplification de la lutte politique et une exigence plus claire des revendications. Exemple de ces contenus : en musicologie, les musiques révolutionnaires ; en économie, les modèles alternatifs ; en sciences politiques [exemple à trouver, comme dans d’autres disciplines !] ; en littérature, les œuvres sur pouvoir et société, éducation et société… ; en linguistique, la notion de norme, etc.

d. Enjeu collectif vs individuel de l’action symbolique
Les actions symboliques viennent souvent des étudiants (type « enterrement de l’université »), car elles leur permettent de manifester leur réflexion, leur compréhension des enjeux partagés de la lutte, et d’agir avec les enseignants. Mais il convient d’être prudent :
– éviter que l’action symbolique se replie sur l’individu et devienne une manifestation narcissique. Ainsi de celui qui, lisant en boucle la Déclaration des Droits de l’Homme, prend la pose du Résistant à peu de frais et que les médias prendront en photographie. On peut bien sûr considérer que le manifestant photographié n’offre que le visage d’un collectif qui s’incarne en lui et s’exprime par son geste – il reste que parfois le manifestant a une identité individuelle dans la photo de presse et que l’enjeu collectif s’efface derrière l’individu. Dans la lutte sociale (grève, manifestation, AG), en tout cas, l’enjeu est collectif et anonyme : la lutte en tant que telle est peu médiatique (la photo d’une AG est une photo d’une masse, ce qui n’est guère « porteur » dans une société libérale qui promeut l’individu) ;
– éviter que l’action symbolique exclue l’opinion en se transformant en manifestation de classe. La soutenance de thèse de Pécresse, l’enterrement de l’université… sont des manifestations qui relèvent de rites parodiques estudiantins. Elles manifestent souvent un humour potache auquel nous, EC, sommes sensibles, mais qui est celui d’une classe ou d’un milieu et qui n’est pas partagé par ceux qui n’ont pas fait d’études supérieures.
Il importe donc d’avoir toujours à l’esprit que les actions symboliques sont faites pour faire émerger, dans les représentations collectives, ce qui les sous-tend (le conflit et ses enjeux, les revendications) et qu’elles doivent avoir du sens, un sens accessible à tous. Et qu’une action symbolique forte doit impliquer collectivement, de sorte que le gouvernement sente l’ampleur de la résistance. Une action symbolique forte doit être faite par de très nombreuses personnes, de sorte qu’elle s’accompagne, comme une manifestation tout court, de la mise en place de forces de l’ordre : c’est ce qui montrera que les autorités perçoivent qu’une partie de la population refuse fortement une décision arbitraire (comme un décret).

e. Disproportion et contre-productivité de l’action symbolique ?
Le risque de l’action symbolique est son inadéquation en termes de proportion. Sarkozy renverse les institutions, impose la précarité (et la pauvreté) partout, casse la fonction publique. En regard, l’action symbolique peut paraître dérisoire : les ouvriers en grève ne recourent pas à ce mode d’action et on peut se demander comment ces actions symboliques sont perçues de l’extérieur, par des gens qui n’ont pas fait d’études ou qui, socialement, souffrent en ce moment. Quand des enseignants-chercheurs font une cérémonie d’enterrement de l’université, en noir, avec fanfare funèbre etc., tout un chacun doit se dire que la situation des EC n’est pas si grave, s’ils ont le temps de faire les comédiens au lieu d’adopter un mode d’action dur. On note cependant que ces actions ont un effet qui commence à être mesuré : elles permettent de donner à la mobilisation une existence médiatique (à cet égard, la photo illustrant le cahier spécial du Monde le jeudi 19 février, est bien celle d’une action symbolique : l’enterrement de l’université). Mais on peut aussi penser qu’un long cortège (comme celui du 10 février), silencieux, où on entend l’angoisse de milliers d’individus sur leur avenir, a bien plus de poids.
La réalité de la mastérisation, au-delà de nos services, c’est la précarité pour nos étudiants quand ils seront enseignants (listes d’aptitude, CDD à répétition), la précarité quand ils prépareront les concours (bourses à 120-208 euros / mois ; « gratification » pendant les stages), le vidage disciplinaire de nos formations, la non-formation des futurs enseignants qui auront des diplômes au rabais, la disparition programmée des concours (les postes en LM seront divisés par 3 d’ici 2012, c’est dit par le MESR!!), la suppression de la fonction publique. Face à cette réalité qui est inquiétante pour nous, pour les étudiants et les générations futures dans les écoles, collèges et lycées, on fait un lâcher de ballons devant le rectorat vendredi 13 février… Les Français qui ont vu ça ont-ils compris la nature des revendications ? Au mieux, ils se sont dit qu’on payait les fonctionnaires à jouer aux comiques, que ces intellectuels ne sont vraiment pas sérieux et en prise avec la réalité, et on a accru la foule des revanchards anti-fonction publique. Autre exemple : celui qui jette des avions en papier sur le ministère se met dans la position du petit enfant en salle de classe qui se rebelle contre son maître d’école avec des moyens détournés – mais ce faisant, il (l’enfant ou l’EC) reconnaît l’autre pour son Maître et lui laisse toute autorité.
Pour éviter que les manifestations symboliques apparaissent comme sous-proportionnées et contre-productives, il faut impérativement que ces actions manifestent une « réappropriation » de leur devenir par ceux qui la font – par exemple, installer des tentes de fortune sur le campus et faire des cours dessous, pour montrer vers quelle pénurie et pauvreté nous allons…

4. Quel bilan ?

Il est clair qu’une action symbolique ne peut remplacer l’outil de la grève dure. Il est clair aussi qu’enterrer l’université ne fait pas comprendre en soi la réalité dure et la complexité des enjeux des réformes universitaires. En revanche, l’action d’enterrement de l’université a donné accès à certains médias (Le Progrès, TLM, France 3, Le Monde), ce qui a permis de faire un peu entendre la lutte sociale que nous menons. La grève à l’université n’a pas d’impact, parce que l’interruption de la production du savoir, la ponction du salaire des grévistes, le caractère très peu radical et ponctuel de la grève, satisfont le gouvernement et n’entravent pas le système économique. Deux solutions, alors :
(1) faire une grève radicale qui ne serait pas ponctuelle mais étendue (une université totalement morte pendant un mois serait nécessairement vue) et maintenir la production du savoir par l’action symbolique, hors les murs, des cours critiques (sachant qu’on peut approcher tout domaine du savoir en relation critique au politique) ;
(2) passer à des actions autres, qui bloquent l’économie : blocages divers (péages autoroutiers, voies de chemin de fer…) – mais on touche là à un mode d’action réellement radical et parfois jugé comme illégal.
Ne vaut-il donc pas mieux la grève radicale, appuyée d’actions symboliques ?

Isabelle GARCIN-MARROU et Philippe SELOSSE,
Snesup – Collectif des personnes mobilisés « Pour une Autre Université » (PAU), Lyon 2

4ème Coordination nationale des universités – 20 février

In Actualités on 21 février 2009 at 13:22

facs

La 4ème Coordination nationale des universités exprime son exaspération face au mépris sans précédent manifesté par le gouvernement et par le président de la République vis-à-vis de son mouvement et de ses revendications, vis-à-vis de l’ensemble de la communauté universitaire.

Elle constate que les revendications posées par les Coordinations précédentes n’ont pas été satisfaites et que les réformes contestées n’ont pas été retirées.

En conséquence, elle maintient le mot d’ordre de grève, reconductible, totale et illimitée lancé le 22 janvier : « L’Université et la Recherche s’arrêtent ».

Motion 1

« De la maternelle au supérieur »

Les délégués à la Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 constatent qu’un projet cohérent est en train d’être mis en place de la maternelle à l’université : casse des services publics et des statuts des personnels et des établissements de la fonction publique, éducation à deux vitesses, mise en concurrence des établissements, crédits insuffisants, suppressions de postes, précarisation. Nombre de nos revendications concernent les collègues de la maternelle, du primaire et du secondaire, et au-delà l’ensemble de la société. Leurs revendications sont les nôtres. Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne l’emploi, la réforme des concours de recrutement et de la formation des enseignant-e-s, mais aussi la remise en cause des disciplines et des statuts nationaux.

La coordination appelle à la multiplication des actions communes partout sur le mot d’ordre « De la maternelle à l’université : retrait des contre-réformes Darcos/Pécresse ».

Elle reprend la proposition que soit organisée une grande journée de mobilisation sur ce mot d’ordre début mars.

Dans cette perspective, elle mandate une délégation pour prendre contact avec les organisations syndicales et l’Intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Elle appelle nos collègues à aller discuter dans les écoles, collèges et lycées. Elle appelle les IUFM à rejoindre massivement le mouvement et à le relayer auprès des maîtres formateurs. Elle mandate une délégation à la coordination parents-enseignants du 14 mars à Montpellier.

Motion 2

« Pour une nouvelle loi »

La coordination nationale exige l’abrogation de la loi LRU et du Pacte pour la Recherche et l’arrêt immédiat de leur mise en œuvre. Elle exige l’adoption d’une nouvelle loi. Cette loi doit instituer un véritable équilibre des pouvoirs au sein de l’Université et de la Recherche dans le respect du Statut Général de la Fonction publique. La nouvelle loi doit être conforme aux aspirations exprimées par les universitaires, les chercheurs, les BIATOSS, les ITA et les Etudiants. Il est impératif que cette nouvelle loi soit élaborée après consultation et de véritables négociations.

Motion 3

La 4ème Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 reprend à son compte les motions votées dans les Coordinations précédentes, avec l’ensemble des revendications qu’elles contiennent, et l’appel du CNRS voté le 12 février. Nous continuons à exiger :

- le retrait de la réforme du mode d’allocation des moyens (dit modèle SYMPA)
- la résorption totale de la précarité et l’augmentation des salaires des personnels (revalorisation du point d’indice et intégration des primes dans les salaires)
- le réinvestissement de l’Etat dans les CROUS et dans l’aide sociale aux étudiants
- la fin du processus d’externalisation des tâches, et le maintien de la filière bibliothèque.

La coordination nationale des universités appelle à intensifier la mobilisation et les luttes en cours. Elle soutient les revendications de la Coordination étudiante du 14-15 février. Elle soutient les « désobéissants » qui refusent dans les écoles de mettre en place le soutien individualisé, et demande l’arrêt immédiat des sanctions contre les enseignants du primaire.

Dans l’immédiat, la coordination nationale exige le retrait des trois réformes contestées (projet de réforme du statut, masterisation des concours, projet de contrat doctoral unique), la fin du démantèlement des organismes publics de recherche ainsi que la restitution des 1030 postes supprimés, et un plan pluriannuel de création d’emplois .

Motion 4

Solidarité avec les étudiants

La Coordination nationale des universités réunie à Nanterre le 20 février 2009 déclare son soutien au mouvement des étudiants et à leurs revendications telles qu’exprimées dans la plateforme de leur première coordination nationale de Rennes.

Elle mandate une délégation pour prendre contact avec le comité d’organisation de leur prochaine coordination nationale : samedi 28 et dimanche 29 février (université d’ Angers).

Calendrier national

24 février : multiplier les actions en direction du public.

26 février : journée nationale de manifestations.

5 mars : journée nationale de manifestations. Par ailleurs, si nos exigences ne sont pas satisfaites à cette date, nous appelons à la démission de toutes les charges administratives non électives et au refus de participation aux jurys (bac, BTS, DUT, Capes-Agreg, session de printemps…) et à pratiquer l’obstruction dans le cadre des mandats électifs.

6 mars : Prochaine AG de la Coordination nationale à Paris 12 (peut-être avec Marne-La-Vallée).

10 mars : Grande manifestation nationale “de la maternelle à l’université” à Paris.

12 mars : Appel à soutenir et à participer à la Coordination Nationale des laboratoires.

19 mars : Appel à la journée de mobilisation nationale intersyndicale et interprofessionnelle.

Et aussi

- Développer la grève active, des cours alternatifs, les interventions dans les lieux publics, voir leur occupation.

- Boycott des expertises AERES et ANR, boycott des audits des Universités pour le passage à l’autonomie. Envoi d’une lettre de la coordination.

- Blocage des conseils centraux qui prévoient de remonter les maquettes.

- Participation aux Journées en mars à Bruxelles en relation avec la stratégie de Lisbonne et de Bologne.

- Voter le principe d’une caisse de grève avec les BIATOSS et les ITA, le primaire et le secondaire.

- Appel aux chefs de service administratifs pour ne pas remonter le recensement des grévistes.

- Délégation à la coordination étudiante à Angers le week-end du 28 février-1er mars.

Vivement la rentrée !

In Actualités on 19 février 2009 at 19:27

Après la manifestation réussie de ce jeudi après-midi (2 000 personnes malgré les vacances pour plusieurs établissements lyonnais), nous voici encore plus mobilisés pour la semaine de rentrée.

Au programme :

1. La prochaine AG des personnels de Lyon 2 se tiendra le lundi 23 février, 12h, campus de Bron (amphithéâtre G, bâtiment L) pour décider de la reconduction ou non de la grève et de la suite à donner au mouvement. L’équipe présidentielle a été invitée à venir y participer.

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2. Mercredi 25 février, journée de cours hors les murs organisée Place de l’Opéra, avec le concours des enseignants-chercheurs de Lyon2 et des étudiants

contact : marion.fontana@univ-lyon2.fr

Site du comité d’action : http://comitedaction2009.forumactif.net/

3. Jeudi 26 février, AG des personnels Biatoss à l’initiative du SNASUB-FSU (Campus de Bron, Amphi Cujas du Bâtiment Europe).

Rappel de notre « fil rouge » : une caisse de solidarité est constituée, afin de compenser la perte financière que constitue la participation au mouvement de grève pour les collègues enseignants précaires et les personnels Biatoss.
Pour contribuer à cette caisse de solidarité, vous pouvez adresser vos chèques (à l’ordre du Snesup en indiquant « caisse de solidarité » au verso – surtout pas de chèque en blanc) à :
Gwenola Le Naour
IEP de Lyon
14 avenue Berthelot
69007 Lyon

Lettre ouverte au Président

In Actualité de PAU on 16 février 2009 at 23:48

Courrier adressé au Président de l’Université Lyon 2, lundi 16 février

Monsieur le président,

L’assemblée générale des personnels de l’Université Lyon 2 du mardi 10 février a voté à une très large majorité (180 pour et 4 abstentions) une motion demandant que le président de l’Université Lyon 2 se rallie publiquement à ce qu’il est convenu d’appeler l’appel de la Sorbonne du 9 février, dont nous rappelons le contenu : “Les présidents d’université et les représentants d’université présents en Sorbonne le 9 février appellent les deux ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à retirer tous les projets de réforme controversés, condition indispensable à l’ouverture de véritables négociations et à la relance du nécessaire processus de réforme auquel doit être associé l’ensemble de la communauté universitaire ainsi que l’ensemble des acteurs de la recherche”. Au vu de l’ampleur du mouvement en cours dans notre Université, il est des plus importants que vous fassiez connaître publiquement votre position par rapport à cet appel, tant par une diffusion interne en direction des personnels et des étudiants que par une diffusion à l’extérieur de l’Université.

AG des Personnels Lyon2
SNESUP
SNASUB
PAU (Pour une Autre Université)
Collectif des personnels de l’Université Lyon 2 en lutte

La coordination nationale étudiante appelle à la grève et à des manifestations

In Actualités on 16 février 2009 at 13:36

Nous, étudiants de 63 universités réunis en coordination nationale à Rennes les 14 et 15 février, appelons à amplifier la mobilisation sur les universités par la grève réelle et reconductible des étudiants. Les enseignants chercheurs exigent le retrait du projet de décret qui vise à transformer profondément leur statut. Cette réforme fait de l’enseignement une sanction. Cela va réduire considérablement la qualité des enseignements, donc celle de nos diplômes et donc celle de nos conditions de travail. L’enseignement supérieur est frappé par une série d’attaques majeures. Depuis plusieurs années et en particulier depuis l’adoption en catimini de la Loi LRU en 2007, contre laquelle s’était mis en place une forte mobilisation étudiante, une série de mesures visent à transformer profondément l’enseignement supérieur. Les objectifs de la classe dirigeante sont simples : soumettre les universités à des logiques de compétitivité, de rentabilité, les mettant en concurrence les unes avec les autres, les obligeant à recourir aux financements privés. Nous, étudiants mobilisés, refusons la privatisation des universités et la soumission aux intérêts privés, nous refusons le développement d’un enseignement supérieur à deux vitesses. Nous refusons de nous voir délivrer des diplômes qui ne protègent pas dans le monde du travail et qui conduisent à la précarité. Nous ne serons pas de la chair à patrons. La LRU est le cheval de bataille commun aux étudiants enseignants et personnels. C’est derrière le mot d’ordre de l’abrogation de la LRU que le mouvement pourra s’unifier. Face aux attaques actuelles contre l’enseignement supérieur, nous devons bloquer les suppressions de postes et exiger le retrait des réformes suivantes : – la LRU – celle dite du recrutement et de la formation des enseignants – celle dite de l’allocation des moyens – celle du statut des enseignants chercheurs – celle du contrat doctoral unique Le mouvement contre le CPE et la Loi sur l’égalité des Chances a démontré que seule la lutte paie. La mobilisation en cours démontre la volonté de ne pas laisser passer la casse du service public d’enseignement supérieur. Les étudiants doivent s’engager dans la lutte pour défendre les facs, les diplômes et les conditions d’études. Pour gagner sur l’ensemble des revendications, nous avons besoin de généraliser la mobilisation étudiante, de la doter de revendications propres sur lesquelles il est possible de gagner. La semaine qui vient doit permettre de faire passer la mobilisation étudiante d’une mobilisation de solidarité passive à une grève majoritaire, réelle et active des étudiants, seule à même de stopper la logique de libéralisation et de casse du service public d’enseignement supérieur. Aujourd’hui, nous devons amplifier la mobilisation étudiante par la grève, les manifestations, la convergence des luttes. La mobilisation étudiante doit se poursuivre dans la perspective de généraliser la grève à d’autres secteurs. Après la réussite de la journée de grève et de manifestation du 29 janvier, nous appelons au soutien de toutes les luttes en cours. Nous appelons d’ores et déjà à la nouvelle journée de grève et de manifestation interprofessionnelle à l’appel des syndicats de salariés le 19 mars prochain. Sans attendre, nous devons poursuivre la grève étudiante, c’est-à-dire la cessation totale et reconductible des cours. Nous appelons à une journée nationale d’action étudiante le Mardi 17 février, nous appelons à une journée nationale de grève et de manifestation étudiante le Jeudi 19 février.

– Retrait de la réforme des concours d’enseignement dit de masterisation

– Retrait du décret de l’allocation des moyens

– Non aux suppressions de postes dans la fonction publique. Recrutement massif dans l’éducation

– Retour du cadrage national des diplômes et reconnaissance des diplômes nationaux dans les conventions collectives

– Pour la mise en place d’un véritable système d’aide sociale étudiant basé sur des critères sociaux

Quelles vacances ? On continue !!!

In Actualités on 15 février 2009 at 11:36

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La théorie du ralentissement et de la dispersion du mouvement établissant une causalité directe avec la période des vacances trouvera difficilement le chemin de l’excellence des publications (rang A). Pour preuve, les innombrables actions prévues cette semaine partout en France :


Semaine du 16 au 22 février

Lundi 16 février

Aix

la mobilisation fait son cinéma : projection du film « la poste , un drôle de pli », à 10h30, amphi E ; projection de « the navigators », à 15h, amphi E.

Bordeaux

- Bordeaux1 : AG étudiante Bx1, 12h30, amphi Franklin, Bât A22 « licence sciences et technologies » (arrêt tram B Béthanie).
- à l’ENSEIRB : réunion d’information personnels et étudiants 12h30, amphi B de l’enseirb.
- tous les jours, Bordeaux 3 en grève active : tous les cours sont délocalisés dans des lieux publics

Lille

- RDV 7h15 à la station de métro « Cité scientifique » pour une opération « péage » aux 4 accès du campus + les 2 stations de métro.
- à 10h30 M1 amphi Chatelet :* Conférence/débat sur ’les enjeux de la masterisation des concours de recrutement des enseignants du premier et du second degré’
- à 14h30 Porte de Paris :* Manifestation académique à l’appel de l’intersyndicale de l’Education Nationale contre les suppressions de postes et les fermetures de classes dans le primaire, le secondaire à laquelle se joignent les Universités mobilisées contre la LRU
- Plus d’infos pour Lille : http:// agp.univ-lille1.fr ou http://greve.univ-lille1.fr

Paris

- Paris 3 : à partir de 15h, devant le Panthéon, place du Panthéon à Paris, pour une lecture marathon de La Princesse de Clèves. Rendez-vous à 14h50 devant le Panthéon ou à l’Université de Paris 3, 13 rue Santeuil, 75005 Paris, Hall des Amphis, devant l’Amphi A à 14h. Tout lecteur volontaire est le bienvenu : on arrive quand on peut et on part quand on veut. On peut aussi rester. plus d’infos
- En Sorbonne

  • entre 12h et 13h30 : Les lundis de l’Histoire en Sorbonne, en amphi Cauchy : premier round = N. Offensdadt (P1) sur le Musée de l’histoire nationale ; A. Nef sur : pourquoi étudier l’histoire du Moyen Âge ? Et C. callard sur l’usage du faux en histoire
  • + 18h : place de la Sorbonne : « cacerolazos » (du boucan avec des casseroles et tous accessoires imaginables)
    - Paris 7 : Ateliers alternatifs : programme et horaires

Toulouse

- Rangueil : 10h30 : AG ITA/BIATOSS – Amphi Fermat + 12h30 : coordination des personnels + 14h00 : Action péage + 18h00 : coordination étudiante

Troyes

- Université de Technologie de Troyes : d’information des personnels à 14h en amphi C002, qui sera suivie d’une conférence de presse à 14h30


mardi 17 février

opération massive d’information de la population (distribution de tracts dans les gares…)

- envoyez à VOS CONTACTS un mail d’information à la population L’enseignement supérieur et la recherche sont votre bien. Nous, personnels de l’université et des organismes, nous le défendons.

Aix

cours dans les rues d’Aix organisés par les UFR ; projection du film « la sociologie est un sport de combat », à 17h, amphi E.

Bordeaux

- Bordeaux 1 : AG des personnels à 12h30, bât. A22

- Bordeaux 2 : à 15h, marathon du savoir organisé par Bordeaux 2 (Victoire)
- tous les jours, Bordeaux 3 en grève active : tous les cours sont délocalisés dans des lieux publics

Caen

13 h 00 AG d’Université en amphi Tocqueville, campus I.

Paris

- Sorbonne :

  • Distribution des tracts à 8h00 dans une gare à déterminer en fonction des infos en fin de we
  • 12h00-13h30 : Milne Edwards = AG des personnels
  • 15h : Histoire de l’Art Une après-midi « Université Ouverte », Place du Panthéon. Au programme(provisoire), trois cours : Lutèce antique, le Panthéon et les Grands Hommes, la rue Soufflot. L’idée est que le plus grand nombre d’étudiants et d’enseignants de Michelet se rendent à cette manifestation.
  • 16h30 : Nouvelle distribution de tracts dans une gare (cf supra)
  • 17h45-19h45 cours ouvert à tous les étudiants et personnels « C’est formidable l’économie : il n’y a que des plus, jamais de moins. C’est logique puisque le capital n’a qu’une raison d’être : croître et s’accumuler ». par F. Pichon-Mamère / MCF Economie dans le grand amphi de Malesherbes

- Paris 7 : auront lieu deux assemblées générales : -* de 9h à 10h30 : assemblée générale des étudiants de l’UFR LCAO, amphi 12E (3e étage, Halle aux Farines) -* de 10h30 à 12h : assemblée générale des enseignants-chercheurs, personnels BIATOSS et étudiants de l’UFR LCAO, amphi 12E (3e étage, Halle aux Farines)

  • cours alternatifs : 15h-18h : Henri Desbois, « Les sciences sociales et la politique : géographie radicale, géographie critique » (U. Paris Diderot, UFR LCAO, amphi 10E, Halle aux Farines) . Plus d’infos Ateliers alternatifs : programme et horaires

Toulouse

- Rangueil : 12h00 : AG étudiante – Grand Auditorium + 12h30 : AG personnels – Amphi Fermat + 16h00 : Action information « grand public » à la gare + 18h00 : coordination étudiante


mercredi 18 février

Aix

AG des personnels par UFR à 10h ; AG d’UFR personnels et étudiants de 13h à 15h ; AG de tous les acteurs du site Schuman à 15h. Projection des films « SNCF, une erreur d’aiguillage » et  » Université le grand soir », heures à préciser en fonction des AG

Bordeaux

- Bordeaux 4 : de 12h30 à 16h30. le comité de mobilisation de l’université Montesquieu Bordeaux 4 organise une conférence sur la loi LRU et l’avenir de l’université ( historique complet de l’histoire de l’université, des réformes ainsi que les propositions de réformes ) avec des interventions d’enseignants chercheurs ainsi que du personnel BIATOSS.
- tous les jours, Bordeaux 3 en grève active : tous les cours sont délocalisés dans des lieux publics
- Bordeaux 2 : à 15h, marathon du savoir organisé par Bordeaux 2 (Victoire)

Paris

- Sorbonne :

  • Organisation de cours dans le Quartier Latin : appel aux bonnes volontés et aux étudiants ! A raison de 10-15 minutes chacun, organiser des cycles de 3-4 cours entre 12h et 14h, pour que tout le monde puisse venir : endroits évoqués = Luxembourg, Pl de la Sorbonne, ou si mauvais temps les transports en commun
  • 18h : place de la Sorbonne : « cacerolazos » (du boucan avec des casseroles et tous accessoires imaginables)

Toulouse

- Rangueil : 10h00 : AG MIG et AG PCA + 12h30 : coordinations personnels + 18h00 : coordination étudiante


jeudi 19 février

journée nationale de manifestations

Aix

Grande manifestation « de la maternelle à l’université », à Marseille, heure précisée ultérieurement.

Paris

Manifestation : nous attendons le parcours et l’horaire ; certains représentants du primaire et secondaire vont s’y joindre, tant mieux !

Toulouse

- Rangueil : 12h30 : AG interfac + 14h30 : manif au capitole + 18h00 : coordination étudiante


vendredi 20 février

Organisation de la nouvelle réunion de la Coordination des Universités à Nanterre

Aix

AG à 12h à l’IEP

Amien

- AG : Faculté des Arts de l’UPJV (précisions à venir)

Paris

- Sorbonne : 18h : place de la Sorbonne : « cacerolazos » (du boucan avec des casseroles et tous accessoires imaginables)

Toulouse

- Rangueil : 10h30 : AG SVT + 12h30 : coordinations personnels + 18h00 : coordination étudiante