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Pour ou contre la grève ? Quels autres moyens de lutte ?

In Actualité de PAU on 23 février 2009 at 21:09

Pour ou contre la grève ? Quels autres moyens de lutte ?

« La grève dure est notre seul moyen d’action ». Ces propos récents tenus à la fois par un ouvrier du privé et un professeur des universités ont suscité les réflexions qui suivent, à propos des divers moyens d’action autres que la grève, envisagés pour se faire entendre du gouvernement. Ces réflexions sont censées répondre aux inquiétudes et contribuer aux questions que se posent beaucoup de personnels enseignants engagés dans la grève des cours à Lyon 2 depuis 2 semaines (3 semaines à l’IEP), alors que la reconduction de la grève sera envisagée lors de l’AG des personnels à la rentrée du 23 février.

Problème posé par de nombreux collègues à Lyon2 comme dans d’autres universités : les étudiants n’ont pas eu cours depuis la deuxième semaine de janvier. Avec la grève et les vacances d’hiver, l’interruption a déjà duré 6 semaines. Quid des étudiants perdus dans la nature ? Faut-il continuer la grève de manière radicale ? Ne pourrait-on pas reprendre les cours en organisant des actions alternatives ? Les étudiants doivent-ils payer pour des réformes dont ils ne sont pas responsables ?

1. Suspension des cours
a. Durée de la suspension
Certes, il y a toute la période de banalisation du mois de janvier, mais il ne faut pas l’additionner aux semaines de grève. Elle est à imputer au système du LMD qui fractionne en semestres et crée des ruptures longues ; ce mois de vacance pédagogique aurait donc de toute façon eu lieu. Toutefois, les étudiants ne sont plus de petits enfants qu’il faudrait souvent garder en cours pour qu’ils continuent à penser et se former intellectuellement. Une situation de lutte, assez inédite, comme celle-ci, est l’occasion de réflexions multiples intellectuelles, citoyennes : place de la recherche dans la société ? sens et fonction du public ? de la formation des enseignants ? du fonctionnement de nos institutions (décret, loi, assemblée), etc. Dans les AG, il est aisé de constater que, pour les étudiants comme pour les enseignants, la grève est une période de formation enrichissante et de développement de la maturité intellectuelle et civique : analyses systémiques étendues à l’ensemble de la société, réflexion sur les divers modes d’action, organisation collective de la lutte, création de comités de mobilisation, prise de conscience d’une solidarité au-delà de sa composante, etc. Tout cela est essentiel et vaut autant en pratique que diverses approches théoriques des problèmes sociaux (cours de sociologie, de sciences politiques ou de littérature de la résistance).

b. Réalité de la suspension
Objectivement, les étudiants n’ont pas eu cours pendant les deux (trois) premières semaines du semestre 2. Mais cela est à relativiser, car la grève n’a pas été « radicale » : les étudiants avouent eux-mêmes que durant la 1ère semaine, la grève a été presque totalement suivie mais que, dans certaines composantes, pendant la 2ème semaine, en gros 1 enseignant sur 8 a réellement fait grève, les autres se contentant, souvent, de 5-10′ d’intro sur la grève pour enchaîner normalement sur leur cours.

2. Grève et conséquences pour les étudiants
a. Problème de la « prise d’otage »
Les étudiants ne sont pour rien dans les réformes, certes, mais si on fait les cours ou si on les rattrape, cela revient tout bonnement à annuler l’effet de la grève. Faire une grève tournante ou recourir uniquement à une action symbolique, c’est faire en sorte que la grève ne soit pas gênante (éternelle question de la « prise d’otages » posée par la droite) et une grève qui ne gêne pas ou plus, ce n’est plus une grève. Bref, cela revient à casser notre seul outil de lutte. Une grève n’est jamais une partie de plaisir : pour qui la fait, c’est une perte de salaire et un investissement psychologiquement et matériellement plus lourd ; pour ceux qui la subissent, ce n’est jamais sans dommages. Une grève des transports a toujours des répercussions (telle personne qui ne peut se rendre à son rendez-vous d’embauche, etc.), idem pour une grève des postes, des enseignants du primaire, etc.

b. Effets mineurs ponctuels de la grève vs effets dévastateurs et à long terme des réformes

On peut résumer le dilemme en mettant les choses en balance : d’un côté une grève de 2 semaines, voire d’un semestre de cours (voyons loin !) ; d’un autre, casse de la fonction publique (l’idée du gouvernement, sur le modèle d’autres pays, est de revenir sur le statut de fonctionnaire et de faire en sorte qu’on puisse licencier des fonctionnaires), suppression de postes par milliers, précarisation universelle (des Biatoss, de nos futurs collègues EC…) et sélection sociale de nos étudiants : réforme des Crous ; logement dans des conteneurs ; mastérisation (qui voudra faire des études pour être enseignant, si l’issue est aussi contraignante qu’aléatoire, c’est-à-dire s’il faut ET un master ET un concours ET passer un entretien d’embauche dans un établissement, tout cela au bout de 5 ans d’études, sans financements réels ? Personne, sauf ceux confortables socialement – d’autant que la hausse des frais d’inscriptions est à craindre, quand les universités coulent, faute de financement du privé, comme en Angleterre).
Face à cette destruction sans précédent, nous pouvons faire cours, ce qui satisfera nos étudiants et nos consciences dans l’immédiat. Mais il nous faudra alors répondre à toutes les générations d’étudiants à venir que nous n’avons rien fait, parce que nous avons craint de ne pas satisfaire une seule génération ; et il nous faudra finir notre carrière en concurrence avec des collègues en CDD, à qui nous expliquerons que nous n’avons rien fait pour assurer le maintien du statut de fonctionnaire. C’est donc le pari pascalien : d’un côté, un très grand risque contre lequel on lutte par la grève « radicale », dont on ne sort évidemment pas le sourire aux lèvres ; de l’autre, pas ou peu de risques (la grève ne détruira pas les cerveaux de nos étudiants, beaucoup d’EC qui ne se déclarent ni ne versent à une caisse de solidarité ne perdent rien financièrement ; il n’y a pas (encore) de risque de perdre son poste de fonctionnaire…).

3. Sur les actions autres que la grève (= jet d’avions en papier sur le ministère de l’ESR ; défilé en tenue de père Noëls ; envoi des publications et travaux de recherche à Sarkozy pour qu’il évalue lui-même les chercheurs ; lancers de ballons en forme de coeur comme « preuves d’amour » à Pécresse ; découpage et collage de citations de textes sur l’arbitraire du pouvoir et la résistance ; enterrement de l’université avec cercueil ; soutenance parodique de thèse de Pécresse ; cours hors les murs avec mégaphone et blouse blanche pour les scientifiques durs ; pique-niques mani-festifs ; chaîne humaine ; lecture de texte ; classement de sandales, etc.). C’est une pratique qui a commencé avec SLR en 2003-2004 et qui vient de collègues de sciences dures ; elle est fortement soutenue par les étudiants. Discussion sur les finalités, avantages et inconvénients.

a. Action alternative vs action symbolique
On distinguera l’action « alternative » de l’action « symbolique ». L’action alternative a pour but de se substituer à la grève, présentée comme inefficace, invisible ou trop politisée ; elle donne bonne conscience et permet de reprendre les cours. L’action symbolique se situe sur un autre plan : donner une autre consistance au réel (symbolique en l’occurrence) pour le faire comprendre, entrevoir, partager et accepter par ceux (les « spectateurs ») dont ce n’est pas, précisément, le réel. Autrement dit, l’action symbolique permet la communication et le partage entre ceux qui la font et ceux qui peuvent la voir, l’entendre, la recevoir.
Mais une action alternative est souvent symbolique, parce qu’elle privilégie cette modalité pour ne pas recourir à la grève. Il faut donc s’entendre : pour ne pas casser la force de l’outil que constitue la grève, il faut absolument concevoir l’action symbolique comme le moyen de compléter et rendre visible une opposition qui, si elle ne se manifeste que par la grève, risquerait de rester invisible.  C’est par l’action symbolique que la lutte peut « gagner l’opinion » et se rendre visible à la surface sociale, dans les discours sociaux les plus accessibles, c’est-à-dire les discours médiatiques. On peut donc plaider et œuvrer pour une combinaison de la lutte politique (grève, manifestations, assemblées générales, blocage de conseils) et de l’action symbolique. Face à un gouvernement aussi arbitraire et violent, le symbolisme seul n’est pas de mise : le symbolique opposé au politique, c’est beau comme Platon, mais l’intellectualité pure, abstraite de l’aspect concret et politique de la lutte (grève, etc.), court le risque d’être sans pertinence et spectaculaire.

b. Pertinence de l’action symbolique
Pour être pertinente et partagée par les « spectateurs », l’action symbolique doit être orientée vers l’autre et avoir du sens. Le sens du déguisement des chercheurs en pères noëls, des avions en papier lancés sur le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ou du lâcher de ballons en forme de cœur (pour répondre à la ministre parlant de « formes d’amour ») n’a pas été compris par l’opinion et a plutôt été vu comme une caricature de l’action. Autre exemple : la lecture en public de la Princesse de Clèves. Cette manifestation symbolique a du sens politique, si elle vise à s’opposer au discours de Sarkozy sur l’éducation, qui citait la Princesse de Clèves comme parangon de l’inutile. En revanche, si cette lecture publique prenait la forme de « lire un beau texte que j’aime pour mettre de la beauté dans ce monde de brutes », la cible politique disparaît et le lien avec la défense du service public, des étudiants…, devient particulièrement obscur. L’idée de chaîne humaine, proposée par certains, demande donc à avoir du sens : pourquoi une chaîne serait-elle plus pertinente et efficace qu’une manifestation ? Une chaîne humaine, c’est une personne par mètre linéaire (en gros) ; dans une manifestation, c’est 20 personnes par mètre. Quantitativement, le ministère saura toujours faire l’addition. On dit que les syndicats ne sont représentatifs que de 10% de la population qui travaille ; a fortiori, une chaîne humaine, aussi grande soit-elle, sera encore plus vite réduite à l’état de phénomène négligeable. Le sens, la finalité, l’effet attendu, doivent être pensés et donnés avant la manifestation.

c. Dimension spectaculaire et/ou solidaire
Certaines actions symboliques courent le risque d’une mise en scène de la lutte et de l’individu. On peut concevoir qu’une lutte est quelque chose de sérieux qui ne souffre pas une certaine théâtralisation, sur le mode tragique, poétique, comique ou médiatique. L’enseignant qui fait son cours hors les murs avec un mégaphone participe à la société du spectacle : il fait un happening dans une société du spectacle, c’est du pas ordinaire mais calibré dans les normes pseudo-extra-ordinaires de la-dite société. L’enseignant est marrant, on sourit en l’écoutant parce qu’il ne se prend pas au sérieux – et parce qu’il n’est pas sérieux… Cela est encore plus marqué dans les actions symboliques caricaturales : un professeur d’université en père Noël, c’est rigolo – mais au fond, que retient-on, sinon l’image de quelqu’un de pas très crédible ?
Inversement, on peut considérer que les cours hors les murs sont l’occasion pour les étudiants de devenir un public actif et pour les enseignants, de manifester une solidarité avec leurs étudiants. En somme, de lutter contre l’idée que la grève prend les étudiants « en otage » : le cours hors les murs est la manifestation, dans l’espace public, que la lutte est partagée. Il importe alors de définir les contenus des-dits cours : si ce sont les cours habituels, prévus pour être faits dans les murs, cela risque d’annuler la grève. Mais si le contenu de ces cours est réapproprié, si ces contenus ne sont pas académiques mais en prise directe avec la réalité et les objectifs de la lutte, l’action symbolique atteint son but. Le spectaculaire (action inédite d’un individu dans un cadre extraordinaire) est dépassé au profit d’un échange d’idées entre citoyens, qui peut déboucher sur une amplification de la lutte politique et une exigence plus claire des revendications. Exemple de ces contenus : en musicologie, les musiques révolutionnaires ; en économie, les modèles alternatifs ; en sciences politiques [exemple à trouver, comme dans d’autres disciplines !] ; en littérature, les œuvres sur pouvoir et société, éducation et société… ; en linguistique, la notion de norme, etc.

d. Enjeu collectif vs individuel de l’action symbolique
Les actions symboliques viennent souvent des étudiants (type « enterrement de l’université »), car elles leur permettent de manifester leur réflexion, leur compréhension des enjeux partagés de la lutte, et d’agir avec les enseignants. Mais il convient d’être prudent :
– éviter que l’action symbolique se replie sur l’individu et devienne une manifestation narcissique. Ainsi de celui qui, lisant en boucle la Déclaration des Droits de l’Homme, prend la pose du Résistant à peu de frais et que les médias prendront en photographie. On peut bien sûr considérer que le manifestant photographié n’offre que le visage d’un collectif qui s’incarne en lui et s’exprime par son geste – il reste que parfois le manifestant a une identité individuelle dans la photo de presse et que l’enjeu collectif s’efface derrière l’individu. Dans la lutte sociale (grève, manifestation, AG), en tout cas, l’enjeu est collectif et anonyme : la lutte en tant que telle est peu médiatique (la photo d’une AG est une photo d’une masse, ce qui n’est guère « porteur » dans une société libérale qui promeut l’individu) ;
– éviter que l’action symbolique exclue l’opinion en se transformant en manifestation de classe. La soutenance de thèse de Pécresse, l’enterrement de l’université… sont des manifestations qui relèvent de rites parodiques estudiantins. Elles manifestent souvent un humour potache auquel nous, EC, sommes sensibles, mais qui est celui d’une classe ou d’un milieu et qui n’est pas partagé par ceux qui n’ont pas fait d’études supérieures.
Il importe donc d’avoir toujours à l’esprit que les actions symboliques sont faites pour faire émerger, dans les représentations collectives, ce qui les sous-tend (le conflit et ses enjeux, les revendications) et qu’elles doivent avoir du sens, un sens accessible à tous. Et qu’une action symbolique forte doit impliquer collectivement, de sorte que le gouvernement sente l’ampleur de la résistance. Une action symbolique forte doit être faite par de très nombreuses personnes, de sorte qu’elle s’accompagne, comme une manifestation tout court, de la mise en place de forces de l’ordre : c’est ce qui montrera que les autorités perçoivent qu’une partie de la population refuse fortement une décision arbitraire (comme un décret).

e. Disproportion et contre-productivité de l’action symbolique ?
Le risque de l’action symbolique est son inadéquation en termes de proportion. Sarkozy renverse les institutions, impose la précarité (et la pauvreté) partout, casse la fonction publique. En regard, l’action symbolique peut paraître dérisoire : les ouvriers en grève ne recourent pas à ce mode d’action et on peut se demander comment ces actions symboliques sont perçues de l’extérieur, par des gens qui n’ont pas fait d’études ou qui, socialement, souffrent en ce moment. Quand des enseignants-chercheurs font une cérémonie d’enterrement de l’université, en noir, avec fanfare funèbre etc., tout un chacun doit se dire que la situation des EC n’est pas si grave, s’ils ont le temps de faire les comédiens au lieu d’adopter un mode d’action dur. On note cependant que ces actions ont un effet qui commence à être mesuré : elles permettent de donner à la mobilisation une existence médiatique (à cet égard, la photo illustrant le cahier spécial du Monde le jeudi 19 février, est bien celle d’une action symbolique : l’enterrement de l’université). Mais on peut aussi penser qu’un long cortège (comme celui du 10 février), silencieux, où on entend l’angoisse de milliers d’individus sur leur avenir, a bien plus de poids.
La réalité de la mastérisation, au-delà de nos services, c’est la précarité pour nos étudiants quand ils seront enseignants (listes d’aptitude, CDD à répétition), la précarité quand ils prépareront les concours (bourses à 120-208 euros / mois ; « gratification » pendant les stages), le vidage disciplinaire de nos formations, la non-formation des futurs enseignants qui auront des diplômes au rabais, la disparition programmée des concours (les postes en LM seront divisés par 3 d’ici 2012, c’est dit par le MESR!!), la suppression de la fonction publique. Face à cette réalité qui est inquiétante pour nous, pour les étudiants et les générations futures dans les écoles, collèges et lycées, on fait un lâcher de ballons devant le rectorat vendredi 13 février… Les Français qui ont vu ça ont-ils compris la nature des revendications ? Au mieux, ils se sont dit qu’on payait les fonctionnaires à jouer aux comiques, que ces intellectuels ne sont vraiment pas sérieux et en prise avec la réalité, et on a accru la foule des revanchards anti-fonction publique. Autre exemple : celui qui jette des avions en papier sur le ministère se met dans la position du petit enfant en salle de classe qui se rebelle contre son maître d’école avec des moyens détournés – mais ce faisant, il (l’enfant ou l’EC) reconnaît l’autre pour son Maître et lui laisse toute autorité.
Pour éviter que les manifestations symboliques apparaissent comme sous-proportionnées et contre-productives, il faut impérativement que ces actions manifestent une « réappropriation » de leur devenir par ceux qui la font – par exemple, installer des tentes de fortune sur le campus et faire des cours dessous, pour montrer vers quelle pénurie et pauvreté nous allons…

4. Quel bilan ?

Il est clair qu’une action symbolique ne peut remplacer l’outil de la grève dure. Il est clair aussi qu’enterrer l’université ne fait pas comprendre en soi la réalité dure et la complexité des enjeux des réformes universitaires. En revanche, l’action d’enterrement de l’université a donné accès à certains médias (Le Progrès, TLM, France 3, Le Monde), ce qui a permis de faire un peu entendre la lutte sociale que nous menons. La grève à l’université n’a pas d’impact, parce que l’interruption de la production du savoir, la ponction du salaire des grévistes, le caractère très peu radical et ponctuel de la grève, satisfont le gouvernement et n’entravent pas le système économique. Deux solutions, alors :
(1) faire une grève radicale qui ne serait pas ponctuelle mais étendue (une université totalement morte pendant un mois serait nécessairement vue) et maintenir la production du savoir par l’action symbolique, hors les murs, des cours critiques (sachant qu’on peut approcher tout domaine du savoir en relation critique au politique) ;
(2) passer à des actions autres, qui bloquent l’économie : blocages divers (péages autoroutiers, voies de chemin de fer…) – mais on touche là à un mode d’action réellement radical et parfois jugé comme illégal.
Ne vaut-il donc pas mieux la grève radicale, appuyée d’actions symboliques ?

Isabelle GARCIN-MARROU et Philippe SELOSSE,
Snesup – Collectif des personnes mobilisés « Pour une Autre Université » (PAU), Lyon 2

Lettre ouverte au Président

In Actualité de PAU on 16 février 2009 at 23:48

Courrier adressé au Président de l’Université Lyon 2, lundi 16 février

Monsieur le président,

L’assemblée générale des personnels de l’Université Lyon 2 du mardi 10 février a voté à une très large majorité (180 pour et 4 abstentions) une motion demandant que le président de l’Université Lyon 2 se rallie publiquement à ce qu’il est convenu d’appeler l’appel de la Sorbonne du 9 février, dont nous rappelons le contenu : “Les présidents d’université et les représentants d’université présents en Sorbonne le 9 février appellent les deux ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à retirer tous les projets de réforme controversés, condition indispensable à l’ouverture de véritables négociations et à la relance du nécessaire processus de réforme auquel doit être associé l’ensemble de la communauté universitaire ainsi que l’ensemble des acteurs de la recherche”. Au vu de l’ampleur du mouvement en cours dans notre Université, il est des plus importants que vous fassiez connaître publiquement votre position par rapport à cet appel, tant par une diffusion interne en direction des personnels et des étudiants que par une diffusion à l’extérieur de l’Université.

AG des Personnels Lyon2
SNESUP
SNASUB
PAU (Pour une Autre Université)
Collectif des personnels de l’Université Lyon 2 en lutte

Exercice du droit de grève et caisse de solidarité

In Actualité de PAU on 12 février 2009 at 22:19

Chers collègues,

Suite au message de la présidence qui rappelle sa faculté de procéder au comptage des grévistes, nous rappelons à notre tour les recommandations syndicales.

La législation en vigueur protège les salariés et interdit à un employeur de faire pression sur les individus pour leur arracher une déclaration individuelle de grève.

La réforme sur la déclaration des jours de grève pour un enseignant ne concerne que les enseignants du primaire qui doivent se déclarer grévistes 48h avant le jour de la grève, afin de permettre aux communes d’organiser l’accueil des enfants. Pour les enseignants du secondaire et du supérieur comme pour les autres fonctionnaires, c’est à l’administration de faire le constat du nombre de grévistes et de le transmettre à qui de droit ; la coutume est que ces enseignants reçoivent un formulaire pour se déclarer grévistes, alors que les BIATOSS grévistes sont, eux, notés absents par leur chef de service.

Les syndicats du supérieur et du secondaire recommandent aux enseignants de ne jamais s’auto-déclarer et donc de ne pas remplir les « demandes » d’auto-déclaration qu’ils reçoivent. D’une part, ce n’est pas conforme à l’esprit du droit de grève et de sa constatation dans l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur ; d’autre part, ce type de document a souvent été utilisé pour faire pression individuellement sur des collègues.

Il relève de la liberté de conscience des enseignants du supérieur et du secondaire, notamment s’ils souhaitent être sûrs d’être comptés dans le nombre de grévistes, de se déclarer. Il n’existe en tout cas aucune obligation légale de se déclarer. Pour être comptabilisées dans les chiffres officiels, les informations quantitatives doivent être transmises avant 12h au rectorat ; au-delà de cette heure, la mention « chiffres non disponibles » est communiquée au ministère.

La position des personnels mobilisés consistant à refuser l’auto-déclaration n’est pas une tentative de faire grève au moindre coût. Conscients que nous ne sommes pas tous égaux devant la grève, ces personnels ont mis en place une caisse de solidarité qui sera utilisée pour rembourser les journées de grève déclarées des plus précaires d’entre nous (vacataires) et pour marquer notre solidarité active avec les BIATOS pénalisés lors des mouvements. Cette caisse de solidarité a déjà recueilli plus de 4000 euros.

Pour contribuer à cette caisse de solidarité, vous pourrez adresser vos chèques (à l’ordre du Snesup en indiquant « caisse de solidarité » au verso – surtout pas de chèque en blanc) à :
Gwenola Le Naour IEP de Lyon, 14 avenue Berthelot 69007 Lyon

SNESup, PAU, Collectif des personnels mobilisés

N.B. : un document sur l’exercice de la grève est disponible sur ce blog (rubrique « Archives »)

Mardi 10 février

In Actualité de PAU, Actualités on 9 février 2009 at 20:31

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Déclaration/pétition des personnels Lyon 2

In Actualité de PAU on 8 février 2009 at 11:23

Déclaration des personnels de l’Université Lumière Lyon 2 sur les réformes en cours

(mastérisation des concours, statut des enseignants-chercheurs, contrat doctoral, suppressions d’emplois)

Depuis plusieurs semaines, les universités voient se mettre en place plusieurs projets de réforme contestables qui menacent de nombreux principes auxquels les personnels sont très attachés. Ils pensent donc nécessaire et urgent d’exprimer leurs inquiétudes quant aux conséquences prévisibles de ces réformes sur l’avenir de l’enseignement supérieur et de la recherche, ainsi que la formation des enseignants et le service public d’éducation.

1/ La mastérisation des concours

Les personnels déplorent la précipitation dans laquelle se prépare la réforme de la formation et du recrutement des futurs professeurs de l’enseignement primaire et secondaire et des CPE. Ils s’inquiètent de plusieurs dispositions prévues dans la « mastérisation des concours » : la superposition dans la même année de la préparation au concours, de la formation au métier d’enseignant et de travaux de recherche ; la réduction, pour des raisons d’économie, du nombre des épreuves de concours et une modification de leur contenu ne garantissant pas le niveau de compétence disciplinaire ; la suppression d’une année de formation professionnelle salariée et les problèmes pécuniaires que poserait, de façon encore plus aiguë, l’allongement des études pour les étudiants. Ils craignent enfin que la réforme ne permette de diminuer le nombre de postes de fonctionnaires en leur substituant l’emploi précaire d’étudiants détenteurs du seul master.

2/ La réforme du décret du 6 juin 1984 relatif au statut des enseignants-chercheurs

Concernant ce projet de réforme, les personnels affirment leur étonnement devant le manque de concertation avec l’ensemble des acteurs de la communauté universitaire en amont d’un projet qui transforme aussi radicalement les règles régissant leur profession ; affirment leur volonté que, dans l’intérêt du service public de la recherche et de l’enseignement supérieur, soient respectés les principes statutaires de la Fonction publique, principes dont la remise en cause constitue un des objectifs principaux du projet de décret ; s’opposent à une mise en concurrence des activités d’enseignement et de recherche par le biais d’une modulation imposée des services d’enseignement, car le projet traduit une conception moins noble, voire « punitive », de l’enseignement et tend à dissocier, voire à opposer, enseignement et recherche ; considèrent que ce projet aura pour conséquence, à moyens constants, une diminution sensible des recrutements d’enseignants-chercheurs, au détriment de la qualité tant de l’enseignement que de la recherche ; et exigent le maintien d’un dispositif indépendant de gestion des carrières et d’évaluation par une instance nationale majoritairement élue, ne laissant pas les décisions à la seule discrétion des chefs d’établissements et des conseils d’administration, avec les risques d’arbitraire, de localisme et de clientélisme qu’un tel dispositif ne manquerait pas d’entraîner.

3/ Le projet de décret relatif au contrat doctoral

Ce projet entre dans une dynamique similaire d’individualisation des carrières et d’alourdissement du travail de thèse. Présenté comme un contrat « unique » d’une durée de trois ans pour l’ensemble des doctorants, ce texte prévoit une augmentation des heures consacrées à l’enseignement (1/3 des 384h) ou aux « missions afférentes à la recherche » (264h consacrées à des activités de conseils ou de valorisation scientifique). Cette répartition donne lieu à une négociation entre le doctorant et l’établissement qui laisse augurer une grande disparité de traitement (en fonction des universités, des disciplines, des rapports de pouvoirs institutionnels, etc.). Par ailleurs, le contrat doctoral accroît la précarité des doctorants (période d’essai de 3 mois renouvelable une fois, licenciement sans indemnité en cas de non- reconduction de l’inscription, etc.). Au delà de la situation des contractuels doctorants, se pose également la question du devenir des structures (CIES par exemple), des statuts existants (ATER, Allocataires de région…), et plus encore celui des doctorants sans financement (vacataires pour la plupart).

4/ Les personnels BIATOS

Les personnels dénoncent les suppressions d’emplois BIATOS, la remise en cause des statuts, l’individualisation des carrières, la mise en place de la Prime de Fonction et de Résultats (PFR) dont l’objectif est la mise en concurrence des personnels entre eux et l’augmentation de la seule part modulable des revenus, au détriment du point d’indice (salaire).

5/ Laïcité

Attachés aux valeurs laïques et républicaines, les personnels contestent enfin l’accord préparé par le Ministère des Affaires Etrangères entre la France et le Vatican sur la reconnaissance des diplômes délivrés par les instituts catholiques. Pour l’ensemble de ces motifs, les personnels de l’Université Lumière-Lyon 2 signataires de la présente pétition demandent solennellement le retrait complet et immédiat des décrets ou projets de décret et l’ouverture d’une véritable concertation en vue de réformes conformes aux missions du service public de recherche et d’enseignement supérieur.

Déjà plus de 125 signatures (ci-dessous)

Pour signer envoyez votre message à : snesup-fsu@univ-lyon2.fr

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Actions Lyon 2 – jeudi 5 février

In Actualité de PAU, Actualités on 4 février 2009 at 16:26

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A noter aussi dans l’agenda de ce jeudi 5 février :

> AG de la faculté de sociologie et d’anthropologie : jeudi 5 février, 10h Amphi D (Bron)

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Même TF1 était à l’AG de Lyon 2…

In Actualité de PAU on 4 février 2009 at 00:09

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AG Personnel Lyon 2 – On continue !

In Actualité de PAU on 3 février 2009 at 17:09

L’AG des personnels tenue sur le campus de Bron à 15h a réuni 500 participants (dont 150 membres du personnel Lyon 2, administratifs et enseignants-chercheurs).

Après un bilan des différentes motions et actions votées dans chacune des composantes, l’AG s’est prononcée sur les trois points suivants :

1. Acceptation des procurations dans le vote des AG : refusée (8 pour, 109 contre, 13 abstentions)
2. Grève administrative (rétention des notes, report des jurys, rétention des maquettes de mastérisation) reconduite jusqu’au jeudi 5 février : votée (129 pour, 0 contre, 1 abstention)
3. Grève des cours reconduite jusqu’au jeudi 5 février : votée (126 pour, 0 contre, 4 abstentions).

> Une nouvelle AG aura lieu le Jeudi 05 février à 17h sur le campus des Quais, Amphi Laprade, pour décider de la poursuite du mouvement.

> Une manifestation inter-universités (Lyon 1, Lyon 2, Lyon 3, et Saint-Etienne) aura lieu le jeudi 05 février à 14h, place des Terreaux.

A Lyon 2 la lutte s’amplifie et s’organise !

In Actualité de PAU on 2 février 2009 at 07:27

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Aux étudiants Lyon 2

In Actualité de PAU on 30 janvier 2009 at 12:50

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Ce tract est destiné à informer les étudiants des raisons et des modalités de notre mobilisation.
Tous les collègues, enseignants ou IATOSS, peuvent le diffuser à leurs étudiants pour leur expliquer la grève administrative et/ou la grève des cours.

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