Blog du collectif des personnels mobilisés de Lyon 2

Posts Tagged ‘mobilisation 2009’

Pour une vague « A » de résistance et de solidarité. Appel de Lyon du 7 avril 2009

In 1 on 8 avril 2009 at 09:49

Au début de ce mois, environ 130 enseignants-chercheurs de l’Université Lyon 1 ont démissionné de leurs quelques 440 responsabilités administratives (direction d’unité de formation ou de recherche, responsabilités d’année, d’échanges internationaux, etc.). Une décision lourde de conséquences, mais qui marque une volonté ferme de refuser la marche forcée d’un gouvernement jusqu’ici sourd aux revendications portées depuis plus de deux mois par le mouvement universitaire.

Solidaires de cette initiative, leurs collègues de l’Université Lyon 2 se sont eux aussi engagés dans cette voie : en quelques jours seulement, une cinquantaine d’enseignants-chercheurs ont fait part de leur intention d’abandonner ou de suspendre, à contrecœur mais avec une réelle détermination au regard des enjeux de long terme, leur centaine de responsabilités administratives. Celles-ci permettent aux établissements de fonctionner au quotidien, grâce à un investissement de tous les personnels (enseignants-chercheurs comme Biatos) et de tous les jours, mais rencontrent aujourd’hui un manque de considération voire un mépris de la part des autorités de tutelle.

Cette démission des responsabilités administratives entraînera de facto une impossibilité de rendre les projets d’habilitation des diplômes et laboratoires dans les temps. Si l’on en juge par le report de la réforme sur la mastérisation des concours d’enseignement, cette modalité d’action peut avoir une efficacité certaine face à un gouvernement qui n’entend pas les doléances de la communauté universitaire et ne semble comprendre que la résistance en actes. Si nous voulons que cette modalité d’action porte ses fruits, il faut une action collective, de tous les établissements, comme cela a été le cas pour la non-remontée des maquettes des « masters enseignement ».

Remplaçons la logique de mise en concurrence des établissements par une action solidaire de l’enseignement supérieur !

Nous lançons un appel en ce sens à nos collègues de l’Université Lyon 3, aux autres établissements de l’agglomération lyonnaise, ainsi qu’à tous ceux concernés par la vague « A » de contractualisation quadriennale avec le Ministère (Bordeaux, Dijon, Grenoble, Montpellier, Toulouse,….) : rejoignez-nous dans cette initiative qui, en étant portée par tous, profitera à tous. Composante de formation par composante, laboratoire par laboratoire, tentez de convaincre vos collègues de l’utilité de cette modalité d’action collective et adressez-nous vos déclarations/intentions de démission de responsabilités administratives à demission.collective@gmail.com

Nous pourrons alors centraliser les initiatives locales et donner une visibilité d’ensemble à cette démarche.

Rejoignez la vague « A » de résistance et de solidarité pour obliger le gouvernement à retirer ses contre-réformes et ouvrir un vrai espace de concertation sur l’avenir de l’enseignement supérieur.

Nous ne sommes pas dans le refus d’un changement pour l’université, nous sommes pour une amélioration du sort de l’enseignement supérieur et de la recherche publique, mais sur la base d’une discussion sereine, dégagée des réformes qui vont contre la volonté de ceux à qui elles doivent s’appliquer. Dans cette hypothèse, nous lèverons alors la suspension des responsabilités administratives et sommes prêts à participer à une concertation d’ensemble sur le présent et l’avenir de l’enseignement supérieur en France.

Publicités

Some innovative forms of protest (The Guardian, 7/04/09)

In 1 on 7 avril 2009 at 19:12

g

– Protest in perpetual motion

Students and professors have invented a new way of protesting about the marketisation of academia: the 24-hour circular march

Agnès Poirier, Tuesday 7 April 2009 21.00 BST

Midnight, Place de Grève in Paris. Grève, not as in strike, but as in shore or strand. Except this time both definitions coincide. This beautiful square, right in the heart of Paris, opposite the city town hall, has been chosen by protesters to stage a ronde des obstinés, loosely translated as the hard-headed round. They’ve been walking in circles for two weeks, 24 hours a day, seven days a week. They may be hundreds, or just a dozen in the dead of night, but the walk keeps going round. They were the first surprised to see that it should keep going, that neither rain nor cold could hamper their newly set perpetual motion. What are they protesting against? The rushed and ill-conceived university reform wanted by the Sarkozy government which would, in the words of a university professor, transform knowledge into commodity, students into clients, professors into service suppliers and universities into enterprises seeking profits at all costs. Students and professors, in a unique show of solidarity and unity, have been protesting loudly for three months. And the ways in which they have done it, reinventing in the process the art of protest, have almost eclipsed the reasons of their discontent – on which there is a long and detailed summary.

La ronde des obstinés is but one method of showing their determination. As professor-researcher Isabelle Launay puts it very eloquently after three hours of walking in circle: « Obstinacy and determination are both key qualities for research. » Sometimes, a famous face comes and joins, such as José Bové. People bring them cakes. Tourists want to know more. The round becomes an endless and permanently renewed conversation.

Protesters have also staged 10-minute readings in landmark squares, such as Place St Michel in Paris but also in city centres such as Strasbourg’s Grand Place. Warned by SMS, students and professors gather at a precise time and location. All they need to do is bring a book and, at a signal, start reading aloud for 10 minutes. Suddenly, the place fills with words drowned in very loud humming. The effect is arresting, almost surreal. Ten minutes later, everybody falls silent and leaves.

A marathon reading of a classic of French literature, La Princesse de Clèves, a 17th-century novel which has become a symbol of resistance against Nicolas Sarkozy’s crassness after he complained about having to read it for an exam that he failed, took place in Place du Panthéon in Paris. The popular Left Bank actor Louis Garrel started the marathon.

The list of pioneering protests is long: lectures by university professors have been given in public places such as L’Arc de Triomph, in trams and in the metro. There have been public trials of government members and auctions of philosophical concepts. The web has played a key role in allowing associations of students to exchange ideas and information and attract the public.

Both education ministers, Valérie Pécresse and Xavier Darcos, though media-savvy and astute negotiators, have found themselves destabilised by such innovative forms of protest. They have already given ground to the protesters but haven’t entirely withdrawn the reform. The people at Hôtel de Ville in Paris say they will keep walking until they do – and it’s hard not to believe them.

http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2009/apr/07/protest-france

L’avenir de l’université se joue maintenant ! (tract liste PAU Lyon 2)

In 1 on 6 avril 2009 at 09:34

tract> télécharger le tract: tract-pau-06-avril

ag

Pascal Binczak, Président de l’Université Paris-8, le 6 avril 2009

«Je ne vois pas ce qui devrait nous inciter à stopper la mobilisation. Il est plus que jamais impératif de la maintenir, à défaut de quoi nous basculerions dans un système qui privilégiera la libre commercialisation des savoirs au détriment du commerce des libres savoirs, un système dans lequel seront bafoués des principes et des valeurs républicains, dont celui d’égalité devant le service public. A partir du moment où l’on instaure un système ultra concurrentiel, celui qui aura le bonheur ou le malheur de naitre dans telle zone défavorisée de la république aura un service puclic de l’enseignement supérieur disposant de moins de moyens que tel ou tel étudiant qui aura la chance de naitre à Paris intra muros. La politique actuelle, dont le plan campus va agraver les inégalités existantes au lieu de les combattre.

Le bras de fer avec le gouvernement débouche sur une crise, mais elle résulte de son autisme, de son irresponsabilité. Il est pleinement responsable de la situation des étudiants. Le gouvernement a feint de discuter, de négocier tout en maintenant ses projets destructeurs et en tenant un discours d’autosatisfaction insupportable. Devant une telle attitude, il ne reste aux contradicteurs que la rue pour faire entendre leur voix.

Je tire la sonnette d’alarme, car on touche là au coeur du fonctionnement démocratique de notre république. On ne peut se prévaloir de l’élection au suffrage universel direct comme d’un blanc seing pour imposer des réformes impopulaires, manifestement rejetées par la grande majorité de la communauté auxquelles elles s’appliquent. On ne peut pas gouverner sans une adhésion minimale du peuple.»

Démissions collectives Lyon 2 (premier acte) : Institut de Psychologie

In 1 on 3 avril 2009 at 00:48

dem

COMMUNIQUE DES PERSONNELS MOBILISES DE L’INSTITUT DE PSYCHOLOGIE SUR LA DEMISSION COLLECTIVE DES FONCTIONS DE RESPONSABILITE.

Lyon, le 31 mars 2009

Le fonctionnement administratif normal de toute université repose sur l’investissement lourd et quotidien d’enseignants-chercheurs qui assument des responsabilités administratives, en plus de leurs missions de formation et de recherche. Ce travail s’effectue avec la collaboration des personnels administratifs dont les carrières et les statuts sont également fortement menacés. Dans le contexte de la mobilisation actuelle dans les universités, les enseignants-chercheurs ci-dessous annoncent leur intention de démissionner de leurs fonctions de responsabilités, en guise de protestation contre la surdité réitérée du ministère et pour de véritables négociations sur les bases proposées par la coordination nationale des universités. Cette action collective, appelée au plan national depuis plusieurs semaines, résulte de l’absence d’avancées significatives et de réelles négociations sur l’ensemble des points qui mobilisent actuellement la communauté universitaire : réforme du statut des enseignants-chercheurs ; formation et concours des enseignants du premier et second degrés, le gel des postes programmé, l’avenir des organismes de recherche, le contrat doctoral unique… Il s’agit pour nous de manifester, dans une action forte, notre détermination et notre engagement face à un gouvernement qui refuse d’entendre nos revendications. Nous souhaitons aussi, par cette action, protester contre l’imposition d’un calendrier absurde pour organiser nos formations et nos activités de recherche, et nous demandons un moratoire sur la réalisation des maquettes formation et recherche, ainsi que le report des échéances auxquelles elles doivent être remises aussi bien au niveau local que national.

En conséquence :

Nous remettrons collectivement et publiquement notre démission des responsabilités pédagogiques et administratives que nous exerçons actuellement ;

– Nous appelons l’ensemble de nos collègues de l’Institut de Psychologie, mais aussi des autres composantes de l’université Lyon2 à rejoindre cette initiative en démissionnant de leur fonctions de responsabilités, et à exprimer leur solidarité en s’engageant à ne pas reprendre les fonctions des collègues démissionnaires ;

– Nous appelons l’ensemble des étudiants de l’Institut de Psychologie à une réunion d’information où nous leur expliquerons les raisons qui nous poussent à cette action, le mardi 07 avril, à 10h30, amphi C.

Ces démissions deviendront effectives au 07/04/09, date à laquelle la liste de l’ensemble des collègues démissionnaires sera transmise à la Direction de l’Institut de Psychologie, à la Présidence de l’Université Lyon 2, au Rectorat d’Académie, ainsi qu’au Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Avant cette échéance, nous informerons les personnels administratifs ainsi que les étudiants des raisons qui nous poussent à cette démission collective.

ETAT DES DEMISSIONS AU 31 MARS :

– 24 enseignants-chercheurs démissionnaires ;

– 62 responsabilités pédagogiques et de recherche (Responsabilités d’enseignements, d’années, de diplômes, de départements, présidences de jury ; directions de laboratoire).

contact : signature.psycholyon2@gmail.com

Le point de non retour

In 1 on 2 avril 2009 at 17:30

> Après deux mois de conflit entre le gouvernement et la communauté universitaire, le fossé de l’incompréhension s’est creusé. Aujourd’hui, le point de non retour semble atteint tant le gouvernement refuse de discuter, au fond, des revendications des universitaires et des chercheurs. Il se contente de concessions marginales, de façade, afin de tenter de mettre en difficulté un mouvement inédit par son ampleur et sa durée devant l’opinion publique.

lire la suite

> La mobilisation des enseignants chercheurs et des étudiants ne faiblit pas. Neuf semaines après le début du mouvement contre les réformes universitaires, et une dizaine de manifestations plus tard, à Paris, ils étaient encore, jeudi 2 avril, de 7 000 à 25 000 selon les sources à défiler, très déterminés, à l’appel de la coordination des universités, des syndicats, des collectifs Sauvons la recherche et Sauvons l’université. Malgré plusieurs reculs du gouvernement, les revendications initiales demeurent.

lire la suite

> Depuis le début de leur mobilisation, les enseignants-chercheurs ont eu à faire face à un adversaire redoutable et plutôt inattendu : les « grandes plumes » de la presse française. Plusieurs d’entre elles n’ont pas hésité à jouer d’un ressentiment anti-intellectuel et anti-fonctionnaires pour tenter de discréditer le mouvement, au mépris de la réalité.

lire la suite

> Aujourd’hui, les mouvements sont non violents, ils inventent, comme de 1790 à 1792, des formes qui permettent de dire la colère tout en retenant la violence. Les manifestations et les grèves encadrées par les syndicats et les coordinations relèvent de cette tradition, mais on peut aussi voir des occupations avec pique-nique, un « printemps des colères » qui propose en même temps une guinguette. On lit La Princesse de Clève dans un vaste relais de voix devant un théâtre public. Or ces outils de l’auto-retenue de la violence peuvent être mis à mal par les forces de l’ordre quand elles usent de la violence répressive sur les corps.

lire la suite

Un moment décisif pour le mouvement

In 1 on 31 mars 2009 at 20:02

Le mouvement national de refus du dispositif d’inspiration néo-libérale que veulent imposer aux universités Mme Pécresse et M. Darcos a pris une ampleur inédite. Plus de huit semaines de grève des enseignements, des initiatives de popularisation les plus variées et les plus inventives, une collaboration fructueuse entre étudiants, doctorants et enseignants chercheurs, un soutien croissant chez les personnels BIATOSS sont autant de preuves que ce mouvement est non seulement déterminé mais aussi porté par une partie significative de la communauté universitaire. Face à cette résistance massive, le Ministère, soutenu par le Premier Ministre et le Président de la République, a décidé d’adopter une stratégie d’attente, espérant par là entraîner la lassitude des principaux acteurs (le pourrissement) ou les dérapages qui permettraient ensuite de disqualifier les revendications ainsi que ceux et celles qui les portent. À cet égard, nous condamnons toutes formes de violence et de répression arbitraires et unilatérales contre des manifestants pacifiques, qu’ils soient étudiants (Lyon (Biovision), Orléans, Toulouse…) ou enseignants-chercheurs (Paris, Marseille…). La stratégie de l’attente émane de ceux qui savent qu’ils n’ont aucune base de soutien  dans la communauté universitaire, aucun moyen de mobiliser leurs vecteurs habituels (syndicat autonome, CPU) pour avancer leur projet. Cette stratégie échouera.
Elle échouera car les enseignants chercheurs et les étudiants mobilisés ont compris que nous sommes à un tournant pour l’Université française et que s’ils perdent cette bataille, c’est tout l’avenir de nos facultés qui s’assombrit. Contrairement à leur rhétorique médiatique, ce que veulent les porteurs du projet ministériel c’est en finir avec l’autonomie universitaire, celle qui permet bon an mal an aux universitaires de gérer leurs carrières, d’évaluer les recherches dans un esprit collégial sans interférence extérieure et sur la seule base de la compétence scientifique jugée par les pairs. Ce que veulent les adversaires de la vraie autonomie universitaire c’est que l’université se soumette au pilotage comptable, à la concurrence de toutes contre toutes, à l’arbitraire politique (par le renforcement du pouvoir des présidents). Concurrence accrue, gestion managériale, individualisation des services et des primes, précarisation des personnels, privatisation rampante (par le biais des partenariats public-privé), appauvrissement et sélection sociales des étudiants (bourses dans le cadre de la réforme des Crous et de la mastérisation, CDU), autant de pratiques qui ont déjà montré leur nocivité ailleurs et qu’au nom d’une idéologie, aujourd’hui en déroute, l’on souhaiterait importer dans le champ universitaire. Nous avons raison de résister. La seule question importante qui se pose, c’est comment faire pour amplifier le mouvement, comment faire pour gagner.
C’est dans ce cadre, et seulement dans ce cadre que le collectif Pour une Autre Université et ses élus abordent ce moment décisif du mouvement. Si les questions de modalités de lutte (notamment la grève et le blocage) ou d’évaluation des connaissances (rattrapage des cours, remplacement des cours par d’autres formes de transmission du savoir) sont importantes, elles restent néanmoins secondaires par rapport aux enjeux du mouvement en cours. Nous saluons la volonté, certes un peu tardive, de la Présidence de vouloir mieux articuler sa démarche institutionnelle par rapport à la grève et de prendre des initiatives propres (journées banalisées, organisation d’assises) qui pourraient renforcer le mouvement, mais nous rappelons que l’avenir du mouvement doit être décidé par ceux et celles qui le portent – dans des difficultés croissantes – depuis deux mois. Ce sont les assemblées générales, par département, par faculté, au niveau central, qui ont donné au mouvement sa vivacité et ont assuré son ancrage dans la communauté ; ce sont elles qui décideront de la suite.

Liste PAU – « Pour une Autre Université »

Programme de la semaine à Lyon !

In 1 on 30 mars 2009 at 18:18

arton2306-45af9

3 dates à retenir pour cette semaine :

31 mars : AG des personnels Lyon2 sur le campus des quais, 11h30, amphithéâtre Aubrac

1er avril : tout un programme ! (cf. ci-dessous)

2 avril : grande manifestation « de la maternelle à l’université » à 14 H, des Terreaux à la Préfecture (en parallèle à la manifestation nationale et unitaire à Paris), à l’appel des collectifs, associations de parents d’élèves et de l’intersyndicale

manif

–  Lyon 1, départ à 10h du Boulevard du 11 Novembre

Lyon 2 / IEP : manif’ de droite, départ à 10h30 Place Carnot

– Manifestation à vélo, départ à 11h Place Louis Pradel

Musicologie, départ à 10h Place de la Croix-Rousse

Trans’, pds, gouines et féministes, départ à 10h Place Bellecour

RUSF, départ à 10h Place Guichard

– 12h à 14h30 : rassemblement Place Guichard.

Il s’agit d’un événement festif (batucada, etc.) et culinaire (appel à participation!!).

14h : rassemblement en soutien aux inculpés de Biovision devant le tribunal de grande instance (Rue Servient, à proximité de la place Guichard)

Cent ans de solitude…durant 3 jours à Lyon 2 !

In 1 on 29 mars 2009 at 21:52

un

> Mardi 31 mars / Mercredi 1er avril / Jeudi 2 avril 2009
Pour que l’Université Française ne vive pas les Cent ans de solitude auxquels la réforme la condamne.
Lecture publique et bilingue de Cent ans de solitude
Place St Jean (Lyon 5ème), de 8h30 à 19h

Pourquoi Cien años de soledad – Cent ans de solitude ?
« …parce qu’aux lignées condamnées à cent ans de solitude, il n’était pas donné sur terre de seconde chance »

(Gabriel García Márquez, Cent ans de solitude)

Huit, neuf semaines de solitude c’est ce que vit l’université française en grève, en butte à l’indifférence du gouvernement. Cent ans de solitude (1967) c’est un des chefs d’œuvres de la littérature mondiale, que l’on doit à l’écrivain colombien Gabriel García Márquez, Prix Nobel de Littérature en 1982.

De la cérémonie de non-remise des maquettes de mastérisation des concours (31 mars) à la prochaine manifestation nationale des universités (2 avril). Nous, étudiants et enseignants d’espagnol et de portugais de Lyon 2, mobilisés depuis neuf semaines, nous vous invitons à venir écouter et, pourquoi pas, à venir lire avec nous quelques lignes, quelques pages de cette œuvre. Durant trois jours, des lecteurs vont se succéder sur cette place lyonnaise pour faire entendre, en espagnol ou en français, les mots de l’auteur colombien, Gabriel García Márquez…
Des intermèdes artistiques divers viendront se mêler aux plages de lecture.

Bilans des réformes pour les Biatoss et le CROUS

In 1 on 27 mars 2009 at 14:48

> Un bilan édifiant sur l’impact des réformes en cours pour le CROUS : bilan_reformes-crous

> Un bilan édifiant sur l’impact des réformes en cours pour les BIATOSS : bilan_statuts-des-biatoss_v2

Tonnerre de Brest ! Appel de 4 Présidents d’Université

In 1 on 27 mars 2009 at 14:42

La Conférence des Présidents d’Université (CPU) tient depuis le mercredi 25 mars son colloque annuel, à Brest. Pendant ce temps, nos ministres de tutelle maintiennent le cap des réformes que la communauté universitaire, après huit semaines de mobilisation, continue massivement à rejeter. Pendant que les présidents réunis à Brest appellent clairement les universitaires à rentrer dans le rang au prétexte que leurs principales revendications auraient été satisfaites, nos universités voient dans les faits le mouvement en cours se poursuivre, voire s’amplifier, avec une détermination et une inventivité étonnantes. Nous, présidents d’université responsables, avions hésité à participer à ce colloque brestois de la CPU que nous jugions pour le moins inopportun… et qui ressemble ces jours-ci  à une fuite à Versailles !

Le dernier communiqué de la CPU, ainsi que les conditions dans lesquelles se tient son colloque, justifient amplement nos préventions. En capitaines de navires qui traversent une tempête comme l’université n’en a pas connue depuis 1968, nous considérons que notre devoir est de rester sur le pont, solidaires de nos collègues enseignants-chercheurs et personnels administratifs, solidaires de nos étudiants.

Cet « Appel de Brest » lancé mercredi par la CPU invitant unanimement à la reprise des cours et de l’organisation des examens, sonne comme une réponse à «l’Appel de la Sorbonne» que nous avions lancé le 9 février, par lequel nous appelions les ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à «retirer tous les projets de réformes controversés» et à organiser une véritable concertation pour construire sur de meilleures bases l’avenir de nos institutions universitaires. Ce communiqué n’a donc été voté qu’à l’unanimité des présidents présents à Brest et n’exprime donc nullement une position unanime de l’ensemble des présidents d’université.

Notre sens de la responsabilité nous conduit également à regarder les circonstances avec les yeux de l’honnêteté, à dénoncer le fait que nos ministres n’ont toujours pas pris la mesure de la situation, à regretter l’étrange surdité de certains collègues qui depuis le phare de Brest croient observer que le «champ de la concertation» a réellement été ouvert et qu’il convient donc que les universités reprennent leur activité normale… Fermez le ban !

Pour ce qui nous concerne, nous constatons que la réforme dite de la «mastérisation» reste confuse dans l’organisation qu’elle propose pour les concours de recrutement et que ce projet est maintenu dans des termes et des principes que nous continuons à rejeter comme nocifs tant à la qualité qu’à la cohérence de la formation des enseignants des premier et second degrés. Les dernières propositions du ministère génèrent une confusion pointée par tous les acteurs de la formation des enseignants en prétendant échanger un recul dans la mise en place des nouveaux concours contre une mise en place immédiate des nouvelles formations. C’est là une manœuvre pour faire entériner à l’avance tout le processus combattu par la majorité de la communauté universitaire. La seule solution simple et claire est de proroger le dispositif actuel dans sa totalité, pour un an (y compris l’année de formation en alternance). Nous constatons aussi que l’augmentation des moyens promise par les pouvoirs publics ne s’est jusqu’à présent traduite que par le travestissement des dotations budgétaires de l’Etat (qui font en réalité apparaître une baisse sensible de nos moyens) et que les suppressions de postes pour l’année 2009 sont toujours maintenues.

Nous constatons encore que la réforme du statut des enseignants-chercheurs, loin de satisfaire les attentes des personnels concernés, continue d’aggraver les contradictions de la loi LRU. Inscrite dans la dernière version du projet de décret, la possibilité pour les enseignants-chercheurs de choisir librement l’établissement dans lequel ils souhaitent effectuer leurs activités de recherche empêchera les acteurs de l’université de conduire efficacement la politique scientifique de leurs établissements, telle que la loi LRU pourtant les invite à la construire de manière autonome. Et c’est encore la concurrence entre universités qui sera ainsi exacerbée. Cette nouvelle version d’un décret que la ministre ne finit pas de réécrire, est proprement irréaliste en ce qu’il hypothèquerait tout recrutement sur les bases d’un profil de recherche correspondant à la politique scientifique de l’établissement.

Notre sens des responsabilités nous appelle, enfin, à garantir la qualité des diplômes de l’année 2009. Nos universités ont acquis depuis longtemps une expérience en matière d’aménagement des modalités de validation des cursus en période de grève, et nous n’avons pas besoin d’injonctions pour prendre les mesures qui conviennent à la situation. La fébrilité manifeste de certains, qui les conduit, face aux revendications des étudiants, à préférer à l’échange d’arguments, celui de gestes violents, dans des altercations confuses, ne les qualifie pas pour donner des leçons de responsabilité. Il est plus que temps de négocier sérieusement en acceptant de traiter globalement une crise qui est globale, ce qui suppose d’abord de retirer, comme nous le demandons depuis plusieurs semaines, les projets de réforme controversés. Cette crise aurait pu être évitée et réglée en quinze jours au mois de janvier : poursuivons tous la mobilisation pour que cette crise ne pourrisse pas davantage l’année universitaire.

Pascal BINCZAK, Président de l’université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis Bernadette MADEUF, Présidente de l’université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense Georges MOLINIE, Président de l’université Paris IV La Sorbonne Philippe ROLLET, Président de l’université Lille I